

Une vague de grèves submerge l’Allemagne depuis plus d’une semaine maintenant et ce n’est pas près de s’arrêter tant que les négociations n’aboutiront pas. Les syndicats des services publics Ver.di et DBB réclament toujours une augmentation des salaires de 6,5% soit 200€ par mois en plus pour chaque salarié.

On assiste à un regain de protestation de la part des syndicats de salariés de la fonction publique après que les discussions avec les employeurs aient été ajournées lundi dernier, faute de trouver un accord. Ver.di et DBB annoncent l’intensification du mouvement dans tous les secteurs concernés pour les semaines à venir.

Cela fait déjà 10 ans que les syndicats tentent de renégocier à la hausse la rémunération des employés de la fonction publique. Aujourd’hui, la grogne semble d’autant plus présente avec la crise que traverse l’Europe. A Munich on a pu lire certains slogans dans les manifestations tels que « Donnez-nous les 8%. C’est notre tour ! ». A Potsdam les premiers pourparlers entre grévistes et patronat n’ont abouti à aucun accord. Et il semblerait que les syndicats ne soient pas prêts à céder du terrain. Ver.di, en l’occurrence, a rejeté la proposition du gouvernement d’augmenter les salaires de 5% sur 2 ans. Une décision qui paraît justifiée après tant d’attente pour se voir allouer 200€ de plus chaque mois. Klaus-Peter Hammer, représentant du syndicat de l’Education et des Sciences (GEW) estime que « les employés des gouvernements fédéraux et locaux ont droit à une rémunération juste ».

Au-delà des 2 millions de fonctionnaires concernés, d’autres grands secteurs de l’économie allemande s’apprêtent à ouvrir des négociations sur le même thème. En tête le secteur de la métallurgie qui comprend 3,4 millions de salariés et draine des domaines importants de l’économie (mécanique, automobile, acier, électroménager). IGMetall, deuxième fédération ouvrière après Ver.di réclame aussi les 6,5% d’accroissement sur les revenus. Normalement chaque année les grilles de salaires sont renégociées par l’union, ce qui n’a pas été le cas en 2010 à cause de la crise, et en 2011 l’augmentation n’a été que de 2,7%.
Les précédentes manifestations avaient mobilisé au total 130 000 personnes sur l’ensemble du territoire allemand. Des perturbations sont encore à prévoir dans les hôpitaux, crèches, banques, aéroports et les administrations.
Chloé Riegler
Mis à jour le 16.03.2012

Une semaine au ralenti
A Kiel (Schleswig-Holstein) les crèches et les jardins d’enfants ont été fermés. Le ramassage des ordures a été complètement interrompu à Hambourg. Les transports en commun (métro et tram) ainsi que les aéroports, à l’origine du mouvement, ne fonctionneront plus jusqu’à nouvel ordre à Francfort. Enfin en Hesse et Rhénanie-Palatine, les fonctionnaires se mobilisent depuis le début de la semaine et les administrations tournent à bas régime.
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