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 Près de 200 vols se trouvaient annulés par jour au plus fort du mouvement
Crédits: Robert B.
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Les contrôleurs au sol de l’aéroport de Francfort ont interrompu mercredi 29 février leur mouvement de grève, entamé 10 jours plus tôt. La justice allemande a tranché, sans pour autant mettre fin au conflit entre syndicalistes et patronat.

Le Tribunal du travail de Francfort a rendu sa décision mercredi 29 février, intimant aux contrôleurs au sol de reprendre le travail. Le tribunal évoque un « vice de forme » dans les revendications, à savoir une violation de « l’obligation de paix au travail » tel que défini dans les conventions collectives. Ce principe de paix au travail est contenu dans le droit de grève allemand, et permet au juge d’intervenir dans un conflit opposant employés et direction.

L’intervention du juriste
Cette décision fait suite aux déclarations du syndicat de la sécurité aérienne GdF, qui se déclarait prêt à poursuivre une grève « de plusieurs semaines ». Au 28 février, le tribunal avait déjà interdit aux aiguilleurs du ciel, dépendant de la DFS (l’agence allemande de la sécurité aérienne) de se joindre au mouvement par solidarité. Craignant une paralysie complète, Fraport, le gestionnaire de l’aéroport, et la Lufthansa avaient alors sollicité l’intervention du juriste. La compagnie aérienne allemande, comptabilisant des pertes d’un million d’euros par jour de grève, était la première touchée par la crise.

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 La Lufthansa aurait perdu près d'un million d'euros par jour de grève
Crédits: Kentaro Lemoto
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Le tribunal n’est cependant pas revenu sur la dimension économique du conflit social, comme le souhaitaient les deux plaignants, se contentant de revenir sur la « forme ». La Lufthansa s’est néanmoins immédiatement fendue d’un communiqué pour exprimer sa satisfaction, déclarant qu’il s’agissait d’une « bonne nouvelle pour (ses) clients. » Les syndicalistes ont, de leur côté, fait part de leur volonté de porter cette décision en appel. En attendant, des négociations ont été ouvertes avec Fraport, concernant les modalités de reprise du travail. Au 1er mars, de nombreux vols sont encore suspendus.

Retour sur l’origine d’une crise
Le bras de fer commence avec la construction, en 2011, d’une quatrième piste par l’aéroport de Francfort. Le syndicat GdF entame alors des négociations avec Fraport, l’employeur des contrôleurs au sol, qui sont chargés des mouvements des appareils sur le tarmac. Les revendications portent sur les salaires et une réduction du temps de travail. Mais très vite, les discussions tournent court. Fraport dénonce des « revendications exagérées », ainsi qu’une « attitude irresponsable » de la part des syndicalistes. Ces derniers soutiennent, de leur côté, que les aménagements demandés placeraient Francfort au même niveau que les autres aéroports allemands.


Alors que les négociations semblent bloquées, GdF lance à partir du 16 février un important mouvement de grèves, en vue d’ « attirer l’attention sur les salariés de Francfort ». Fraport tente alors de casser la grève, en rappelant sur le tarmac des contrôleurs à la retraite et des salariés formés pour l’occasion. Le trafic connaît néanmoins de faibles perturbations, qui atteignent, dans les derniers jours, un taux de 20% d’annulations des vols (principalement des vols intérieurs).

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 Seuls les vols intérieurs ont été affectés par la grève
Crédits: Gastev
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La décision du tribunal de Francfort, si elle entraîne aujourd’hui la reprise du travail par les salariés, ne semble pas avoir entamé la combativité de GdF. La fin du mouvement est ainsi présentée comme un arrêt provisoire, le temps de porter la décision de justice en cour d’appel. De fait, les juristes se sont contentés de la forme, et n’ont pas tranché sur le fond des revendications, qui demeurent en suspens…
Yann Samain
le 02/03/2012