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Du 15 au 19 juin, dans de nombreuses villes de la République Fédérale, lycéens, étudiants et professeurs descendent dans les rues afin d’exprimer leur mécontentement quant au système éducatif actuel. Moment clé de cette « semaine d’actions », la manifestation mercredi 17 juin devait rassembler entre 150 000 et 200 000 participants selon les organisateurs.


Des banderolles accrochées aux murs des universités, des stands d’informations tenus par les étudiants, des salles de cours désertées, tel est le climat actuel des facultées allemandes. On pouvait par exemple observer mardi à Potsdam (Brandebourg) des cours en plein air assurés par certains professeurs sur la Place der Einheit ou encore sur les espaces verts de Griebnitzsee. Revendication principale : la mise en place d’une discussion sur l’avenir du système universitaire. « Wir zahlen nicht für eure Krise » (« Nous ne payons pas pour votre crise ») tel est le slogan du Bildungsstreik-Berlin (grève de l’éducation de Berlin). Cette coordination composée en majorité d’étudiants et qui se dit « hors partis », fait le constat d’une adaptation croissante du système éducatif à l’économie de marché. Elle veut inscrire son action dans le cadre international des mouvements similaires qui ont concerné notamment l’Espagne, la Grèce, l’Italie la France, voire le Mexique !

Aussi présents à Berlin lors de cette semaine d’actions, le parti Die Linke qui considère que le fonctionnement actuel favorise l’échec scolaire et que le système de formation professionelle est menacé par la loi Hartz IV

 





Une grève nationale

Environ 80 villes allemandes voient se dérouler cette semaine des manifestations lycéennes et étudiantes. En novembre 2008, déjà 100 000 lycéens et collégiens avaient défilé dans les rues. Du 25 au 29 mai 2009 c’est au tour des étudiants de se mobiliser. Face au manque de changement, ces derniers renouvellent le mouvement au moyen cette fois-ci de blocages des universités. « Il convient cette fois-ci de provoquer », c’est en ces termes que Peter Kurjahr, professeur à la Freie Universität, incite notamment les professeurs à « s’affranchir de leur droit de réserve » dans un discours devant le Rotes Rathaus (l’hôtel de ville) de Berlin lors du rassemblement du 17 juin. Dès lors, de « Je suis plus que quatre modules » à « l’éducation est un droit du citoyen » en passant par « frais d’inscriptions : les riches étudient, les pauvres sont perdants », les affiches protestataires foisonnent sur fond de nostalgie soixante-huitarde.





Des revendications diverses

Au niveau du lycée, La Bildungsstreik souligne un nombre trop important d’élèves par classe et une sélection sociale trop marquée. Elle réclame par conséquent un système gratuit, pour tous ; plus d’enseignants ainsi que l’annulation du « Turbo Abi » (le « turbo-bac ») qui supprime une année scolaire au lycée.

Sur le plan universitaire, les étudiants et syndicats tels que le GEW (Gewerkschaft, Erziehung und Wissenschaft/ Syndicat, Éducation et Science) ont pour mots d’ordre « ouverture sociale », « démocratisation », et « autonomie ». Sont ainsi réclamés, la suppression tout à la fois de la sélection à l’entrée des universités et le financement privé de ces dernières ainsi que la diminution (voire l’abrogation) des frais d’inscriptions. Ainsi pour Laura, étudiante à la Technische Universität de Berlin « Il nous faut plus de temps libre car beaucoup d’étudiants travaillent pour financer leurs études depuis que les frais d’inscription ont augmenté ». La discrimination des étudiants étrangers fait aussi l’objet d’une forte critique au sein du mouvement. Mais c’est la charte de Bologne qui instaure un « espace européen de l’enseignement supérieur » et le système Bachelor/Master qui reste la plus critiquée. Cette réforme renforce un « système élitiste fondé sur la mise sous pression des étudiants vis à vis de leurs résultats » selon Reinhardt Ost, employé dans l’administration de la Freie Universität de Berlin; opinion là encore partagée par Die Linke. Par ailleurs, de nombreux professeurs soutiennent le mouvement et réclament de leur coté une amélioration des conditions d’enseignement, une augmentation du personnel enseignant et dénoncent une certaine précarité de l’emploi.

 

Quant à Almendra, Laura et Lina, collégiens de 12 ans, prêts à risquer une mauvaise note pour avoir séché les cours et participé à la manifestation, leur motivation principale reste la « diminution du temps libre depuis la mise en place du turbobac ».

 

 

Mathie Espargilière

 

17/06/2009

 

www.bildungsstreik-berlin.de

www.bildungsstreik2009.de

 

 

 

 

 

 

 








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