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Garagiste français à Berlin

imprimer   26.05.2013 
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Symboles nationaux, les statues de l'ours et du taureau siegeant devant la bourse de Francfort symbolisent la baisse et la hausse des cours


 

À voir les visages préoccupés des ministres des finances allemands et français Peer Steinbrück et Christine Lagarde lors de leur récente rencontre à Berlin la situation semble bien plus grave qu’anticipé jusqu’alors. Bourses et banques s’affolent, et pour cause : le spectre de la crise systémique est là. Entre deux interview dans un anglais irréprochable aux TV américaines fébriles M.Steinbrück trouve le temps de confirmer à La Gazette ses déclarations prophétiques : « le monde ne sera plus le même après » et le rôle du dollar au niveau mondial devrait être « complété ». Euphémisme poli.

 

Le fantôme de 1929 hante les esprits. Les interventions et nationalisation se multiplient, le plan Paulson et ses 700 milliards de dollars ne rassurent plus. Malgré tout, l’Allemagne ne semble pas affolée. Mme Merkel estime que la crise financière « n'a eu qu'un impact modéré, pour l'instant, sur l'économie réelle en Allemagne". Tout irait donc bien, au pays de l’industrie automobile…

 

Pourtant dans ce climat perturbé les opérations se multiplient. Le mouton noir est sans conteste IKB. La banque publique KFW (comparable à la Banque des dépôts et consignations française, qui détenait 91% du capital de IKB suite à un sauvetage controversé) a annoncé le rachat par le fond américain Lone Star. IKB (issue d’une banque crée en 1924 pour aider l’industrie à reconstruire le pays) s’était diversifiée vers des investissements risqués tels que les subprimes. La bulle immobilière a éclaté aux Etats-Unis et fragilisé l’IKB au moment où 1/5 de son bilan reposait sur des titres américains à risque.

 

La fin de la Dresdner Bank

Fondée en 1872 à Dresde, la banque était contrôlée par Allianz (premier assureur européen) depuis 2001. Cet investissement, qui devait lui permettre d’écouler ses polices via les filiales bancaires s’est révélé décevant. Le récent rachat de la Dresdner Bank par la Commerz Bank (cédée pour 9,8 milliards d’euros) devrait créer un nouveau géant bancaire. Bien que deuxième banque du pays, la Commerz Bank est souvent vue comme une proie potentielle. À 484 millions d’euros, son bénéfice semestriel a fondu de moitié sur un an* : l’effet crise. Mais ses activités de détail se maintiennent. Elle espère gagner 6 millions de clients dès cette année. De plus, elle a fait de ses activités en Europe centrale et de l’est une priorité limitant ainsi un peu son exposition aux risques nord américains. L’opération assurerait son indépendance (le bilan de l’ensemble avoisinera les 1.100 milliards d’euros avec quelques 67 000 employés).

 

Cette démarche s’inscrit dans une tendance générale de renforcement des banques privées en Allemagne. La banque de détail restant largement dominée par le parapublic. Les caisses d’épargne et banques cantonales détenant 44% du marché, les banques privées 43% et les coopératives 13%. La démarche de la Deutsche Bank ne diffère pas. En rachetant 29,75% de la Postbank à la Deutsche Post (pour 2,79 Mrd Euro), la première banque allemande compte bien récupérer des clients de détail, accaparés par les banques publiques. Car après avoir semblée assez épargnée par la crise, la Deutsche Bank annonce de fortes dépréciations. Son bénéfice net a chuté au deuxième trimestre, à 645 millions d’euros. L’acquéreur détient également une option d’achat de 18% supplémentaires. Une évolution que doivent suivre avec intérêt les protagonistes français en plein changement du statut de la poste hexagonale.

 

Les banques privées allemandes se tournent donc vers la création de grands pôles bancaires, ceci pour lutter contre la force des banques de droit public allemandes qui accaparent toujours une majorité du marché.

 

 

Tendon d’Achille et bouée de sauvetage

 

L’Allemagne à l’abri d’une crise majeure

L’Allemagne et son système bancaire particulier - distinguant les banques publiques et parapubliques des banques privées – entre plutôt bien armée dans la crise financière.

Pour Markus Gabel, chercheur associé au Centre d'information et de recherche sur l'Allemagne contemporaine (CIRAC) : « Ce système très morcelé est un havre de stabilité pour le système bancaire. Lorsqu’un pied est malade, il en reste encore un en excellente santé et couvrant plus de la moitié du marché. « Le risque est plutôt un ralentissement général de l’économie, avec baisse de la consommation et donc de la demande industrielle. Mais les coopératives de crédit et les banques de droit public (type Sparkassen) ont des relations étroites avec les PME et devraient donc continuer de supporter l’activité». Le risque crédit ne se poserait donc pas. Seule exception, les Landesbanken qui ont perdu en 2005 la garantie des Länder (garantie jugée protectionnistes par Bruxelles). Markus Gabel souligne « qu’elles ont perdu un gros avantage puisqu’elles pouvaient se refinancer très facilement. Ces banques se sont donc tournées vers des activités un peu plus aventureuses telles que les achats de titres américains, ce qui les a mis en difficulté. Cela reste assez isolé. »

 

 

*entre le deuxième semestre 2006 et 2007

 

Pour y voir plus clair, retrouver le lexique sur la crise financière ici : www.lagazettedeberlin.de/index.php

 

Elisa Meynier








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