imprimer   09.02.2010 
N°. 22EditoDossierPolitiqueEconomieSpécial Günter GrassSportVie pratiqueAnnoncesVie de la TribuDie GazetteLa DernièreCommentairesEdition actuelleArchivesNos archivesChronique historiqueL'équipeQui sommes nous?Wer sind wir ?Who are we ?KTO мы ?ServicesINFOLETTREPetites annoncesPublicité / WerbungAbonnementAnnonceursLiens / LinksContactImpressum






Une jolie femme s’avance. La famille au pouvoir est divisée par un drame père/fils. Le parti plébiscite sa camarade au nom du peuple. L’extrémiste de droite s’affiche avec une métisse. Puis c’est la percée d ‘un nouveau troisième homme. Un animateur de télévision écolo menace de poser sa candidature et un faucheur de maïs de faire campagne depuis sa prison. Finalement, ce sont les militants qui s’emparent de la toile alors que le président sortant rechigne encore à laisser son trône pour une second life.

 

Une vraie saga et pourtant : rien dans la Bild ! Heureusement, d’autres journaux allemands se sont intéressés à ces présidentielles riches en rebondissements, alimentant nos revues de presse depuis novembre dernier.

 

Pour la dernière ligne droite, La Gazette de Berlin interroge les correspondants allemands en poste à Paris. Tous se sont prêtés au jeu, revenant sur leur couverture de la campagne et livrant quelques bons scénarios de ce que pourrait en être le dénouement – journalistiquement parlant.

 

 

DIE WELT

Jochen Hehn est correspondant du quotidien conservateur Die Welt, de la maison Springer.

 

Die Welt a été l’un des premiers journaux à parler de François Bayrou. Pourquoi?

J’avais l’impression que les Français, après 25 ans de Mitterrand et Chirac, aspiraient au changement. Ca a favorisé la nomination de Ségolène Royal comme candidate du PS mais aussi la percée de Bayrou. Avec sa « troisième voie » au-delà du clivage gauche droite, il répond à ce souhait de renouvellement. Nicolas Sarkozy rejoint aussi cette catégorie lorsqu’il critique la « pensée unique » et promet de changer la politique.

 

Vous expliquez dans vos articles le comportement des électeurs français. Une curiosité pour le public allemand?

C’est vrai qu’en France, contrairement à l’Allemagne, les gouvernements sont plus souvent sanctionnés par les électeurs. Ce qui est aussi étranger aux électeurs allemands, c’est le principe qui consiste à voter pour son candidat favori au premier tour puis à se décider pour le « moindre mal » au second tour  –  comme ça a été le cas en 2002 lors du duel entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen.

 

Premier tour le 22 avril, second tour le 6 mai : votre scénario favori ?

Un duel Sarkozy-Bayrou ou Royal-Bayrou serait plus intéressant car Bayrou aurait de bonnes chances de succéder à Chirac. Se poserait alors la question de savoir avec qui il voudrait gouverner. Il ne devrait pas avoir la majorité aux législatives de juin et de ce fait, ne pourrait pas non plus réformer le principe de vote à la majorité. Créer un nouveau parti ? Dissoudre l’Assemblée ? Passionnant d’un point de vue journalistique ! Mais peu souhaitable pour le pays – et pour l’Allemagne qui a besoin d’une France politiquement stable pour remettre l’Europe à flot.

 

 

 

HANDELSBLATT

Ruth Camilla Berschens est correspondante du Handelsblatt, grand quotidien économique d’Allemagne.

 

Méli-mélo entre médias et politique : y aurait-il une grosse différence entre médias allemands et français en temps de campagne ?

Je distingue fondamentalement la couverture faite par la presse écrite et la radio de celle faite par la télévision.

La première repose sur des analyses solides, en Allemagne comme en France. Les journaux français ont publié des dossiers sur la situation économique et sociale avant les élections, sans taire les problèmes structurels. Ils affichent certes clairement leurs  préférences politiques en couvrant la campagne. Mais c’était aussi le cas en Allemagne avant les législatives [ndlr : septembre 2005].

Il en est autrement pour la télévision. Je trouve la couverture de TF1 particulièrement superficielle. C’est un peu mieux pour les chaînes publiques. Mais il manque à la télévision française des émissions politiques critiques.

 

Au ton de vos articles, la campagne semble vous désespérer de la politique française…

Cette campagne est marquée par l’attente d’un changement de génération politique remettant le pays en mouvement après plusieurs années de statu quo. Après douze ans avec Jacques Chirac, les Français souhaitent un renouvellement de fond, aller de l’avant, être de nouveau optimistes. Pour le dire avec les mots de l’ancien président allemand Herzog : les Français veulent qu’une « secousse » parcoure le pays. Mais nombreux sont aussi ceux qui ont peur d’être exposés à un véritable choc après les élections. Les électeurs hésitent entre envie et peur – ce que reflètent les trois candidats. Aucun d’entre eux n’ose annoncer de réformes draconiennes comme l’abolition des 35 heures ou de l’impôt sur la fortune. Cette campagne est marquée par la prudence des candidats qui ont peur d’en demander trop aux électeurs.

Autre caractéristique : la critique à voix haute de la mondialisation – et ce, chez tous les candidats.

 

 

 

SÜDDEUTSCHE ZEITUNG

Gerd Kröncke est correspondant du quotidien national Süddeutsche Zeitung, journal intellectuel du libéralisme de gauche allemand.

 

Vous avez beaucoup parlé de Jean-Marie Le Pen et n’avez publié qu’assez tard un portrait de François Bayrou. Avez-vous été surpris de sa percée?

La montée de François Bayrou m’a beaucoup surpris et je pense qu’il en a été de même pour la plupart des journalistes. Mais avec le recul, sa position est effectivement crédible. Bien que membre de la majorité à l’origine, il a vite cherché à se distancer de Chirac et du RPR.

 

 

Premier tour le 22 avril, second tour le 6 mai : votre scénario favori ?

Pour moi, il n’y a aucun doute sur la présence de Nicolas Sarkozy au second tour. C’est ce que montrent les sondages. Le nom de son concurrent dépend en grande partie de la frivolité de certains électeurs qui choisissent des candidats qui ne se présentent que pour battre pavillon. Si les Français votent en aussi grand nombre que la dernière fois pour les partis à gauche du PS, la percée de la candidate socialiste sera compromise, voire empêchée. Si Bayrou devait atteindre le second tour, ce qui me semble improbable, il aurait plus de chance face à Sarkozy que n’aurait Royal. Ceci dit, je me considère – outre que j’espère la mise en échec définitive de Jean-Marie Le Pen – comme un observateur neutre et ne favorise aucun scénario.

 

 

 

 

FRANKFURTER RUNDSCHAU

Hans-Helmut Kohl est correspondant de la Frankfurter Rundschau (F.R.), quotidien national siégeant à Francfort sur le Main et marqué à gauche.

 

Vous semblez avancer dans vos articles que les médias français mènent un traitement partiel de l’information au détriment de Ségolène Royal…

J’ai simplement remarqué que les médias français traitaient Ségolène Royal de manière très critique, qu’ils montaient en épingle ses moindres faux pas et mettaient constamment ses compétences en question. Mais je ne crois pas que ce soit une particularité française, même si je ne connais pas de cas similaires en Allemagne. Ca a bien sûr à voir avec le système car chez nous, en Allemagne, le candidat à la Chancellerie joue déjà un rôle politique important dans son parti ou au parlement. Ce n’est pas le cas de madame Royal.

 

 

 

FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG (FAZ)

Michaela Wiegel est correspondante du Frankfurter Allgemeine Zeitung (F.A.Z), quotidien national à la ligne éditoriale conservatrice et libérale.

 

La F.A.Z. a publié plusieurs commentaires inquiets sur la campagne présidentielle. Qu’est-ce qui vous paraît si préoccupant ?

C’est la tendance au nombrilisme, alimentée par des émissions télévisées comme „J’ai une question à vous poser“, sur TF1, qui m’inquiète. Les thèmes choisis par les principaux candidats, du drapeau tricolore à la critique populiste de l’Euro, ne laissent pas transparaître un souhait d’ouverture de la France. Gesticulation de campagne ou non, ceci renforce un réflexe protectionniste de toute façon présent.

Mais dans l’ensemble, le fait que la France ait le taux de natalité le plus haut d’Europe me pousse à l’optimisme : contrairement à ce que laissent entendre les sondages, la peur de l’avenir ne peut pas être aussi grande.

 

Premier tour le 22 avril, second tour le 6 mai : votre scénario favori?

Cela va au delà de mon rôle d’observatrice d’exprimer un souhait personnel. Cela me réjouirait cependant que les candidats du second tour fassent preuve d’une responsabilité particulière vis-à-vis du projet européen qui demande, soit, à être perfectionné, mais qui a offert au continent européen une période de paix et de prospérité inhabituellement longue.

 

 

 

JUNGLE WORLD

Bernhard Schmid est correspondant de Jungle World, hebdomadaire de la gauche alternative allemande.

 

Jungle Worlda consacré tout un dossier aux présidentielles. Pourquoi?

Depuis sa création en 1997, notre hebdomadaire a toujours réservé une place particulière à la France, notamment à ses conflits sociaux. Nous considérons comme nécessaire de faire le lien entre la campagne actuelle et les thèmes que nous suivons de près, comme les manifestations anti-CPE.

Nous nous sommes donc efforcés d’analyser les multiples promesses des candidats sur des thèmes sujets à conflits sociaux tels que la protection contre les licenciements abusifs, la crise du logement ou encore la problématique des banlieues. Nous avons également enquêté sur la position des candidats par rapport aux demandes formulées lors des précédents mouvements de protestation sociale.

 

Premier tour le 22 avril, second tour le 6 mai : votre scénario favori?

Difficile à dire : comment distinguer la perspective journalistique de ses considérations politiques et sociales ? Journalistiquement parlant, il ne serait pas très intéressant que le deuxième tour oppose des candidats incarnant deux variantes différentes de la droite politique, par exemple Bayrou contre Sarkozy.

 

 

 

DIE TAGESZEITUNG (TAZ)

Dorothea Hahn est correspondante de la tageszeitung (taz), quotidien de gauche écolo, pacifiste et féministe.

 

Vous évoquez souvent « la peur du 21 avril » et le phénomène du « vote utile » Pourquoi ?

La marche triomphale de Jean-Marie Le Pen au premier tour des présidentielles, le 21 avril 2002, fut pour beaucoup de Français une catastrophe inattendue. Pourtant, l’extrême droite travaillait depuis longtemps à son succès. Les grands partis ne se sont ni demandé pourquoi le Front National avait recueilli autant de voix, ni même interrogés sur leur coresponsabilité.

Cinq ans après, électeurs et électrices sentent qu’il n’y a pas eu de concertation politique sur la montée de l’extrême droite, que ce qui a fait le succès du FN n’a pas disparu. Pour éviter de retrouver Le Pen au deuxième tour, beaucoup se sentent obligés de « voter utile » au premier. Ils ne choisissent pas leur candidat(e) d’après leur préférence politique mais selon les scores dans les sondages.

Ce vote, plus dicté par la peur que par une volonté créatrice de démocratie, avantage paradoxalement les candidat(e)s des grands partis, ceux qui justement n’ont rien fait pour combattre politiquement Le Pen.

 

Comment la taz entend-elle suivre la campagne sur la dernière longueur ?

La taz intensifie son suivi de la campagne, avec une attention particulière pour les six candidat(e)s à gauche du PS. Ils n’ont certes pas abouti à une candidature unique, mais ils ont au moins réussi à faire émerger dans la campagne les thèmes et soucis qui préoccupent la France : « travailleurs pauvres », chute du pouvoir d’achat de la classe moyenne et résistances à une mondialisation effrénée – notamment à la migration des entreprises vers les pays à bas salaires. C’est également grâce aux « candidats B » (Besancenot, Bové et Buffet) qu’on débat enfin de l’UE.

 

Premier tour le 22 avril, second tour le 6 mai : votre scénario favori?

Journalistiquement, cette élection à de nombreux aspects intéressants.

La candidature de Royal en tant que première femme à avoir une position prometteuse. Les regards teintés de préjugés sexistes sur elle.

Le caméléon politique qu’est Sarkozy. Atlantiste à Washington, européen à Bruxelles, nationaliste à Paris – et imprévisible pour tous.

 

 

Propos recueillis par Virginie Maisonobe et Charlotte Noblet





resultats entre 1 et 3 de 3
 

mèzenkor? /// Sonntag, 22-04-07 12:06

eeeuuhh...il faudrait peut être qu´il arrête le schnaps ou qu´il laisse la moquette tranquile le grand père allemand...

parceque la fulgurance du raisonnement nous échappe...

1 peu moins de confusion ne nuirait pas...

 

François TATARD /// Samstag, 21-04-07 10:47




Lettre d’un grand père allemand à son petit-fils français

LA CONSTITUTION FRANCAISE DE L’EUROPE

Mon cher petit-fils,

J’ai été surpris de voir ton esprit civique à un âge où on se fout pas mal de pareilles billevesées. J’ai été encore plus surpris de m’apercevoir que tu avais déjà l’âge d’aller voter. Tu veux que je lise pour toi cette énorme et confuse élucubration et que je t’en fasse un résumé assorti de conseils judicieux.
Je l’ai relue dans cette optique et je te fais grâce d’explications détaillées.
La présentation est un peu ringarde car, elle ignore superbement la norme AFNOR de numérotation des chapitres, titres et sous-titres. Le repérage est pénible.
C’est donc une constitution française pour l’Europe. On y retrouve la « patte » de l’Ecole Nationale d’Administration, familière à tous les lecteurs du « JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE ». En l’occurrence, c’est précis comme l’analyse d’un avion renifleur. On y retrouve une forme et une subtilité spirituelle déjà appréciés avec la législation sur l’invention de l’avoir fiscal, sur l’imposition des plus values, et les réglementations catastrophiques sur le « regroupement familial », enfin tout ce qu’un journaliste appelait avec humour « l’autoritarisme mou ».
Comme dans nos lois inapplicables (littoral et SRU 2000, Etc.…), le verbe pouvoir remplace le verbe devoir, ce qui permet aux décideurs une abstention légale et une inefficacité certaine. Là encore, le législateur laisse la décision aux hauts fonctionnaires et aux juges administratifs. Enfin, comme dans toutes les législations françaises, les dérogations abondamment prévues transforment les meilleures intentions en vœux pieux parfaitement inutiles.
Lorsqu’il a fallu abandonner le droit régalien de « battre monnaie », on n’a pas eu besoin de constitution. L’impossibilité de faire tourner la planche à billets, pour boucher les trous du budget par des dévaluations, ne permet plus le déficit budgétaire programmé, ni la gestion sur une hypothétique croissance.
Ignorant superbement cet incontournable postulat, la constitution imaginée par des Inspecteurs des Finances, entérine les mauvaises manières de la quatrième République, ressuscitées par François MITTERAND et poursuivies par les « blancs bonnets » qui ont succédé aux « bonnets blancs ». Les mêmes se retrouvent avec bonheur pour approuver des deux mains ce qui condamne le système.
Que dire de cette phrase de l’article I – 16 (2) qui prévoit la nécessité d’une coopération loyale entre les rouages de cette organisation farfelue. Une coopération loyale ? Cela va sans dire et cela va encore mieux en ne le disant pas. On a vu ce que cela donnait pour accompagner la douteuse intervention américaine en IRAK. Quelle belle et loyale unanimité.
Enfin, cerise suprême sur le gâteau, la procédure de révision semble inspirée par notre code de l’urbanisme au chapitre de la révision du Plan d’Occupation des Sols (le fameux P.O.S amoindri en P.L.U). Puisqu’on peut la réviser, à quoi sert-elle si le suffrage universel n’intervient plus ?
Le rêve d’une Europe centrée sur le fameux « noyau dur de base », se répandant comme une tache d’huile destinée à s’étendre, en intensité, par l’unification des institutions, fiscales, économiques et sociales, ne se traduit pas dans ce verbiage vaseux.
A vouloir tout prévoir, on s’enferme dans un carcan parfaitement irréaliste. Le plus étonnant c’est de voir l’Allemagne avaler de telles couleuvres. Il est vrai qu’engourdie dans une repentance obligatoire des jeunes générations pour les folies de leurs anciens, elle n’ose plus rien dire. En lisant cette débauche de verbiage de la constitution française de l’Europe, on peut se remémorer l’affiche de la propagande allemande de 1938 : Un balai « européen » dépoussiérait devant la porte en expulsant un coq bleu blanc rouge, courroucé, avec des livres et des journaux à la mode française. La légende :
« Dehors le fatras français », est redevenue d’actualité.
Il suffira de remplacer le nom d’un des journaux balayés par celui de « constitution française pour l’Europe », pour rajeunir l’affiche.
Mon cher petit fils, je n’ai pas le droit de choisir pour toi. Je déplore que le vote « blanc » n’ait pas de signification. Il serait si bon qu’il corresponde, non à un refus total, mais à la réclamation d’un organigramme cohérent assurant le succès de l’application. Je vais donc, moi aussi, employer ce fameux verbe pouvoir.

Au OUI des vaincus on peut préférer le NON de la résistance.





 

jumperlos /// Dienstag, 17-04-07 23:22

Pourquoi pas d'interview de la Saarbrücker Zeitung, qui a publié et va encore sûrement publier des articles sur l'élection présidentielle?
En plus la Saarbrücker Zeitung publie en colaboration avec le République Lorrain un supplément franco-allemand fait par des jeunes.

 
 

Ins Gästebuch eintragen

 

Image CAPTCHA pour prévenir l'utilisation abusive
 
 

La Gazette N°. 34 en vente dans les kiosques ... La Gazette N°. 34 en vente dans les kiosques ... La Gazette N°. 34 en vente dans les kiosques ... La Gazette N°. 34 en vente dans les kiosques ...

Google
Web La Gazette



NOUVEAU: Abonnez-vous au flux RSS!




Prix d'honneur Louise Weiss du journalisme européen.



Jean-Patrick REVEL, avocat bilingue franco-allemand.
Rechtsanwalt – Fachanwalt f. Familienrecht
Beer, Gastl & Partner
Friedrichstraße 61
10117 Berlin
Tel. +49 (0)30 40 00 49 30
www.ra-revel.de




Rettet RFI auf Deutsch!








KOCH KARIMI
Cabinet d’avocats franco-allemand
(Berlin – Paris)
Rechtsanwälte, in Deutschland und Frankreich zugelassen


MEDIATIS
Faire un crédit pour financer ses études à l'étranger








LEO - Dictionnaire