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Garagiste français à Berlin

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© rud66

Pour comprendre le débat sur la fiscalité en Allemagne, il est nécessaire de revenir sur quinze années de défiscalisation des plus riches et ce, quelle que soit la coalition au pouvoir.

 

En 1997, le gouvernement d’Helmut Kohl – une coalition noir-jaune entre la CDU-CSU et le parti libéral FDP – supprime l’équivalent de l’ISF (« Vermögensteuer »). Quelques années plus tard, c’est la coalition mêlant sociaux-démocrates (SPD) et verts (Die Grünen) sous l’égide de Gerhard Schröder qui décide d’abaisser drastiquement le taux maximal d’imposition de 53% à 42%. Autrement dit, lorsque le SPD était aux affaires de 1998 à 2005, les Allemands les plus aisés n’ont pas souffert d'un acharnement fiscal, bien au contraire. La troisième étape dans la défiscalisation des plus riches est réalisée par le gouvernement d’Angela Merkel : celui-ci fait diminuer de 42% à 25% l’imposition maximale des revenus du capital, une belle fleur quand on sait que la part de ces revenus est en constante hausse, dépassant de loin les revenus du travail chez les plus fortunés.

 

 

Des riches plus imposés en Allemagne qu'en France

 

Actuellement, la tranche supérieure d’imposition ("Spitzensteuersatz") est taxée à hauteur de 42%, contre 41% en France. Celle-ci débute à 53 000€ (70 000€ en France). Toutefois, le gouvernement CDU-SPD de Mme Merkel a introduit en 2007 un palier supplémentaire élevant le seuil d’imposition à 45% pour les revenus dépassant les 250 000€. Cette tranche fut rapidement qualifiée « d’impôt des riches » (« Reichensteuer ») ou "d'impôt-jalousie" ("Neidsteuer") par ses détracteurs. Globalement, les chiffres d'Eurostat montrent également que le taux maximal d'imposition est plus élevé en Allemagne qu'en France.




Petite masure sur la Côte d'Azur... En France, les quelque 390 000 millionnaires sont globalement moins imposés qu'en Allemagne.
© Régis Présent-Griot


Aujourd'hui, la tendance à l’allègement fiscal semble s'inverser et l'appel à une taxation plus grande de la fortune déclenche l'approbation au sein même des catégories sociales concernées. Néanmoins, le collectif « Des fortunés pour un impôt sur la fortune », tout comme la prise de parole des quatre millionnaires dans l’hebdomadaire Die Zeit, ne saurait faire oublier l’agenda politique de la coalition noir-jaune. Dès la rentrée parlementaire, la baisse des impôts, ardemment défendue par le parti libéral FDP, est dans l'agenda du Bundestag.

 

 

La baisse des impôts débattue dès l'automne

 

Même pendant la trêve estivale, le monde politique allemand n’est pas épargné par le débat sur la fiscalité. Elu sur ce thème après la campagne électorale de 2009, le FDP est la seule force politique militant pour une baisse des impôts à l’horizon 2013. Les trois principaux partis d’opposition – le SPD, les Verts et Die Linke (La Gauche) – sont quant à eux favorables à une augmentation des impôts, sans toutefois s’entendre sur la méthode à suivre. Enfin, le silence est assourdissant du côté de la Chancellerie. Angela Merkel, tout comme ses collègues du parti chrétien-démocrate, n’a pas encore osé prendre position dans un débat qui l'embarrasse depuis deux ans déjà. La promesse électorale du partenaire de la coalition, le FDP, n’arrange pas les affaires. Cependant, ce silence ne devrait plus durer longtemps. Vu l’actualité et l’agenda parlementaire de l’automne, la CDU-CSU devra briser le tabou.

 

 

L'État, cet incapable

 

Alors que la sphère médiatique s'agite autour du débat sur la taxation des plus fortunés, les sociaux-démocrates semblent avoir fait le premier pas avec la publication, samedi 3 septembre, de leur projet fiscal pour les élections fédérales de 2013. Ceux-ci proposent entre autres l'élévation du taux maximal d'imposition ("Spitzensteuersatz") à 49% pour tous les revenus supérieurs à 100 000€, allant bien au-delà des actuels 42% à partir de 53 000€ et des 45% pour les revenus dépassant les 250 000€.

 

Cependant, tout le monde ne s'emballe pas à l'idée d'imposer davantage les plus riches. Pour l'éditorialiste de Die Zeit Josef Joffe, connu pour ses prises de position polémiques, "pourquoi punir les 10% les plus riches pour les excès des acrobates de la finance ?" Selon lui, l'État se serait montré trop faible envers les dérives des marchés, se rabattant désormais sur une proie plus facile : les foyers les plus aisés. Pour d'autres, il n'est pas acceptable de taxer davantage "ceux qui ont travaillé dur pour obtenir ce qu'ils possèdent".

 

Toutefois, selon un sondage de l'institut Forsa, 67% des Allemands sont favorables à une augmentation des impôts pour les plus fortunés. Quoi qu'il en soit, même pour les défenseurs d'une plus forte pression fiscale, la méfiance envers l'État est de mise. Pour ces derniers, la taxation des plus riches doit avant tout servir à rattraper les "erreurs des politiques" et avant tout permettre de réduire la dette. Il est loin le temps où l'idéal de solidarité gouvernait le développement de l'État-providence...

 

 

Alban Genty

04.09.2011

 

 

 

1ère partie :

 

Pour suivre le débat autour de la taxation des plus fortunés en Allemagne, cliquer ici.








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