

Au six coins de l’Hexagone, depuis de nombreux mois, on crie au loup. L’imminence du krach immobilier est un thème à la mode. Pourtant, si le ralentissement pointe son nez, le fameux effondrement, n’est pas forcément pour tout de suite, et n’arrivera peut-être jamais. En Allemagne, la situation du marché immobilier est toujours perturbée par la réunification et les déplacements massifs qu’elle a engendrés. Les prix restent à des années-lumière des excès français.
L’immobilier est pour les investisseurs, petits ou grands, une valeur refuge. Moins rentable que les placements boursiers, la pierre a tendance à grimper dès que la bourse chute, comme c’était le cas depuis 2001. Et inversement. La reprise économique, dont les bénéfices records des entreprises sont un signe avant-coureur, pourrait cette fois donner raisons aux cassandres baissiers. « L’Euro Stoxx 50 », l’indice des cinquante premières sociétés de la zone Euro, a ainsi progressé de plus de 13% en un an, contre 8,8% pour les prix de l’immobilier en France. De quoi donner l’envie aux investisseurs de quitter l’agence immobilière pour reprendre le chemin de la bourse.
Cette alternance dans le placement des capitaux n’est pas étonnante, mais la transition ne se fait pas toujours en douceur. Ainsi, le ralentissement sensible du secteur de l’immobilier résidentiel secoue les Etats-Unis depuis quelques semaines. Ceux qui avaient placé leurs billes dans une belle maison à Newport Beach sont amers. « L’atterrissage en douceur » promis par les experts du secteur est plus violent que prévu, et les nombreuses moins-values à la revente ont désormais un impact négatif sur l’économie dans son ensemble.
En France aussi, les experts se veulent rassurants. Selon Philippe Waechter, de Natexis Asset Management, « le marché s’oriente vers un nouvel équilibre », selon lui « favorable à un atterrissage progressif des prix ». Mais ceux-ci ont atteint des records, tout particulièrement à Paris (jusqu’à 8800€/m2) et dans les grandes villes de province. D’autre part, la hausse des taux d’intérêt en Europe commence à décourager les indécis à investir dans l’immobilier, alors qu’on sait que les prix sont gonflés par la bulle spéculative. A Strasbourg où les prix ont bondi de 10% en un an, de plus en plus d’habitants franchissent le Rhin pour acheter à Kehl, la ville voisine.
En Allemagne en effet, tout est différent. La plupart des propriétaires sont des fonds d’investissements. Seuls 42% (34% à l’Est, 13% à Berlin) des logements sont occupés par leur propriétaire, contre 57% en France. Le cliché de l’Allemand qui préfère investir dans sa grosse cylindrée que dans les briques de sa maison aurait-il du vrai ? Si les chiffres semblent aller dans ce sens, cela est surtout dû à la politique en faveur du locatif mené par Bonn dans les années qui ont suivi la réunification. Et les faibles tarifs pratiqués par les loueurs n’incitent pas les allemands à s’endetter pour acheter. Par ailleurs, la baisse sensible de la démographie et le vieillissement inexorable de la population sont des freins à l’achat immobilier. Et le mot est faible. Avec une baisse de sa population estimée à 30 millions d’habitants d’ici à la fin de ce siècle, l’Allemagne semble pouvoir s’éviter les aléas d’un marché immobilier tendu.
En tout état de cause, les prix à l’achat en Allemagne restent très raisonnables, comparés aux autres grands pays européens, France en tête. Savoir si celle-ci connaîtra dans les prochains mois le krach tant redouté est difficile à pronostiquer. Cela dépendra principalement de l’attitude des acheteurs et surtout des vendeurs, lorsque les premiers seront plus nombreux que les seconds.
Constant von Meerkamp
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TU SAIS CE QUI TE DISENT LES BOBOS!!! AFFREUX FACHO!!!
si les bobo francais et autres européens continuent à faire la razzia sur tout ce qu'il y a à vendre à Prenzlauerberg les prix risquent de ne pas rester "raisonnables" bien longtemps encore!