

Et si le football empruntait au hockey sur glace pour valoriser le spectacle ? Des joueurs qui pourraient évoluer derrière les cages, un ballon qui ne sortirait jamais des limites du terrain. Et pour pousser le nombre de buts à la hausse, des gardiens harnachés comme leurs camarades à patins : casque à grille, plastron, jambières. Pour résumer, un équipement de plus de vingt kilos qui, du coup, rendrait les sorties moins efficaces et les envolées plus hasardeuses. A creuser…
Après tout, ne dit-on pas que le hockey est la transposition du football sur la glace ? Dans certains pays d’Europe, le palet parvient à faire jeu égal avec le ballon rond. République Tchèque, Russie : là-bas, le hockey sur glace fait partie de la culture. En Suède et en Finlande, ce sport pourtant né au Canada est numéro un. Plus proche de nous, les Suisses se déplacent en masse pour suivre les journées de championnats de LNA. A Berne, qui compte parmi les meilleurs clubs helvétiques, l’affluence moyenne est de 16 000 spectateurs ! De quoi rendre envieux certains clubs de foot. En France, l’affluence en Ligue 1 se situe à moins de 22 000 supporters par match.
Dans l’Hexagone, le hockey sur glace n’est peut-être pas pour autant la discipline anonyme que l’on croit. « Nous sommes le deuxième sport en salle, derrière le basket, en terme de spectateurs », se félicite Geoffroy Marcon, employé au service communication de la fédération française de hockey sur glace (FFHG). Pour le reste, le hockey en France, qui ne possède sa propre fédération que depuis avril 2006, a encore beaucoup de retard. 17 000 licenciés, quand le continent nord-américain en recense 5 millions. Une absence aux derniers Jeux Olympiques et aux championnats du monde, auxquels l’Allemagne s’est qualifiée cette saison. Cependant le joueur français commence à bien s’exporter : en Suisse, au Danemark, en Suède et même au Canada dans la fameuse NHL d’Amérique du Nord. Pour l’heure, la FFHG travaille à la finale de la coupe de France, avec laquelle elle espère remplir la salle de Paris-Bercy en février. Pendant ce temps, alors que le championnat bat son plein, les Suisses vont jusqu’à suivre sur leurs téléphones portables les évolutions de leurs joueurs favoris, ces patineurs virils.
Julien Bels, à Munich