
André, membre historique du groupe folk culte Herman Düne, a décidé de faire carrière en solo. Depuis son premier album sorti en 2000, le groupe, habitué des petites salles a connu de nombreux succès. Maintenant signé sur une major, l’un de ses membres, et sûrement pas le plus indolent, a choisi de partir. Entre création et réinvention, André explique sa vision de la musique…
Âge, pays, loisirs, animaux préférés ?
33 ans, français, j’habite à Berlin depuis deux ans mais je ne parle pas l´allemand. Je fais de la musique, et je jouais avec un groupe qui s´appelle Herman Düne, depuis sept ans. Depuis notre dernier album, je ne joue plus avec eux. Et je n’aime pas les animaux !
Herman Düne, c´est une longue histoire de famille, ton frère joue aussi dans le groupe, la transition est-elle claire, est-ce désormais vraiment du passé ?
Ouais, mais c’est encore un peu du présent, aussi parce que notre album n´est toujours pas sorti dans tous les pays. Donc, au niveau du timing, partir maintenant, c´est bizarre. Avant quand on tournait avec Herman Düne, c´était extra, du bordel, de l´improvisation, des sons à la guitare… Maintenant, c´est plus organisé, avec des chansons et des choristes. C´est sympa à regarder. Mais justement, je préfère regarder : ils peuvent faire beaucoup de choses sans moi, car c´est mon frère qui chante le plus.
Qu´est-ce qui va différencier ta formation solo de l´ancienne ?
J’ai toujours fait des concerts solos même pendant Herman Düne. Depuis un moment, je fais énormément de boîte à rythme et je vais continuer à faire des arrangements. Je joue aussi avec mes amis américains qui passent souvent ici : Ish Markez, un gars du Bronx et Turner Cody qui se rapproche de Dylan. Et dans un groupe qui s appelle Freshard dont le batteur a treize ans. Je joue beaucoup de saxophone à l´heure actuelle.
Il paraît que tu composes un album par mois ?
Si tu appelles ça un album ! Il y a dix chansons dessus et pas de maisons de disques derrière. Mais ce sont des choses dont je suis fier. Je les distribue via Internet, et j’essaye de faire des jolies pochettes à la main. Donc s’il y a quinze personnes qui me les commandent, ça fait déjà beaucoup de boulot ! Je fais des photocopies avec des cartons, je les découpe et j´écris à la main. (Il m´en offre un)
.
Est-ce qu´il y a des chanteurs qui te servent de modèle ?
J´écoute Morrissey en boucle depuis la sortie de son dernier album, j´adore aussi Songs Of Ohia, mais je n´essaye pas de les imiter.
Même si tu n´aimes pas le côté « promo », tu utilises quand même le nom de ton ancien groupe pour tes concerts ?
Je fais un dernier concert sous le nom de André Herman Düne pour présenter mon nouveau
pseudo qui est Stanley Brinks. Les Wave Pictures, qui vont jouer avec moi, en Allemagne pour la première fois. Je vais utiliser le nom André Herman Düne pour faire venir du monde… Après, c´est aussi moi.
Je trouve cela assez courageux de se retirer justement quand Herman Düne a le vent en poupe…
Ça serait courageux aussi vivre cette aventure ! Même s’il se passe de plus en plus de choses au niveau de la vie publique, il n’y aura pas forcément plus de concerts. Peut-être dans des salles plus importantes.
Propos recueillis par Jennifer Semet