
Heinrich Pachl vient de décrocher le prix du meilleur cabarettiste. Rien à voir avec Liza Minelli : en Allemagne, le cabaret est drôle. Réuni à Nuremberg, le jury composé de professionnels du rire ont couronné les satires politiques du sieur Pachl.
Heinrich Pachl, comment devient-on comique, quelle sorte d’enfant étiez-vous?
Je crois que j’étais plutôt timide. Je pourrais dire que devenir comique, c’était une sorte d’auto-défense, une vengeance envers l’entourage, mais ce serait réducteur. J’imagine qu’on devient comique parce qu’on remarque que dans certaines situations, on l’est.
Vous avez commencé la scène dans les années 70 avec divers partenaires, en introduisant de nouvelles formes et des contenus alternatifs ?
Oui, j’étais membre d’un collectif qui faisait du théâtre satirico-politique. On prenait des classiques, des pièces existantes, ou seulement quelques scènes, et on les combinait entre elles, en ajoutant de l’improvisation. Quant aux contenus, ils offraient une alternative car nous nous penchions sur notre époque, et pas sur le passé.
A présent, vous vous produisez en solo. Comment composez-vous ? Vous testez vos textes sur des cobayes ?
Ça dépend, parfois je les écris et ça me fait rire moi-même, ou alors ça ne me fait pas rire mais je les garde dans un coin du cerveau et je les teste face au public. Parfois aussi j’improvise sur scène. Dans ces cas-là, la difficulté, c’est de m’en souvenir !
Y-a-t-il une différence entre l’humour berlinois, l’humour de Rhénanie, l’humour de la forêt noire…?
A Berlin, les gens sont stressés, alors ils sont de mauvaise humeur, ce qui leur donne leur bagout particulier. En Rhénanie, les gens sont plus ouverts, plus gais, ils pratiquent une sorte de sarcasme joyeux. L’humour de Brisgau, en Haute-Forêt-Noire, d’où je viens, est également sarcastique, mais les gens sont plus bavards, plus narcissiques. Dans le Pays de Bade, les gens sont plus flegmatiques, plus réfléchis, en fait ils sont gentils… C’est bon pour l’humour, mais pas pour la satire.
Vous habitez Cologne depuis 30 ans : vous savez comment on appelle un habitant de Cologne en français ? Un Colonel ? Un Colon ?
Un Kölsch. Parce qu’il boit beaucoup de bière Kölsch, alors il change de matière et il devient Kölsch.
Je croyais qu’il buvait beaucoup d’eau ? L’eau de Cologne ?
Non, les gens de Cologne ne boivent jamais de parfum.
Dommage, ça leur donnerait meilleure haleine qu'avec la bière. Et puis avec le degré d’alcool contenu dans le parfum, il en faudrait moins pour être saoul. Quoi qu’il en soit, est-ce que vous vous faites rire vous-même ? Pourriez-vous dire quelque chose de drôle à nos lecteurs?
Non. Je ne me trouve absolument pas drôle.
Propos recueillis par Céline Robinet
resultats entre 1 et 1 de 1
faites + d´articles comme ca qui nous montrent l´allemagne du dedans!