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 Gerhard Schöder admiratif devant Peter Hartz, ancien directeur de Volkswagen, lors de la présentation
de la réforme des allocations sociales en août 2002
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Entré en vigueur en janvier 2005, le quatrième volet de la réforme du marché du travail a rendu le chancelier social-démocrate, Gerhard Schröder, très impopulaire. L'idée était de stimuler les chômeurs en baissant leurs allocations et de réintégrer les bénéficiaires de l'aide sociale dans le monde du travail en exigeant d'eux qu'ils acceptent le travail qu'on leur propose. Le gouvernement d’Angela Merkel poursuit aujourd’hui cette politique non sans provoquer de controverse.
Après avoir restructuré l'agence fédérale pour l'emploi (« Bundesanstalt für Arbeit », BA), développé des emplois à bas salaires et soutenu les chômeurs créateurs d'entreprises, Gerhard Schröder a voulu fusionner l'aide sociale et l'assurance chômage de longue durée.
La réforme dite "Hartz IV", du nom de l'ancien directeur du personnel de Volkswagen, a donc ramené les allocations pratiquement au niveau de l'aide sociale, soit environ 345 euros. Par ailleurs, les bénéficiaires de l'aide sociale ont été réintégrés dans les listings du BA et ils ont désormais les mêmes obligations que les chômeurs, à savoir l'obligation d'accepter les offres de l'agence sous peine de se voir retirer des allocations. Ce changement de statut explique l’importante hausse statistique du chômage en 2005, les bénéficiaires de l’aide sociale comme les chômeurs étant désormais considérés comme rechercheurs d'emploi.
Le BA a également accès plus facilement à certaines données privées pour surveiller le train de vie des bénéficiaires. Un déménagement peut être exigé si le loyer est jugé trop élevé. S'ils disposent d'économies personnelles, les chômeurs doivent puiser une partie de leurs ressources dans leur livret d'épargne. Le BA peut également refuser plus facilement des allocations si le bénéficiaire vit en communauté avec quelqu'un qui dispose de revenus. Leur épargne retraite est plafonnée. Enfin, les chômeurs doivent être joignables et présents à leur domicile pendant les jours ouvrés. Les trois semaines de vacances auxquelles ils ont droit doivent être autorisées par le BA. Les sanctions contre les réfractaires (allocations réduites, voire supprimées), très critiquées par les syndicats, ont été renforcées au 1er août par le gouvernement d'Angela Merkel.
L'objectif de la réforme "Hartz IV" était de réduire de deux millions le nombre de chômeurs. Près de deux ans après son entrée en vigueur, les experts sont toujours sceptiques sur son efficacité. "Il est trop tôt pour tirer un vrai bilan. Mais, pour l'instant, aucun effet n'est lisible dans les chiffres du chômage", souligne Martin Werding, directeur du département "politique sociale et marché du travail" à l'institut de conjoncture "Ifo".
Enfin, "Hartz IV" a coûté beaucoup plus cher que prévu. Le gouvernement tablait sur 2,6 millions de ménages bénéficiaires. Il a dû verser des allocations à plus d'un million de ménages supplémentaires l'année dernière. Une mauvaise estimation qui a grevé le budget fédéral 2005 de plus de 10 milliards d'euros.
Christophe Bourdoiseau