Cochons ce lard que nous ne saurions voir (Verstecken wir den Speck!)
Même en période de disette, il reste facile de se concocter une spécialité bien allemande : le Leipziger Allerlei. Pour être franc, n’importe quelle ville aurait pu revendiquer son Allerlei car celui-ci ne consiste qu’en un simple mélange de légumes. Attention à bien les choisisir tout de même ! Coupez et faites cuir carottes, pois, asperges et maurilles séparément. Mélangez le tout dans un fond de beurre. Das war’s! Au besoin, ajoutez-y quelques épices et pour les plus raffinés… du beurre d’écrevisse !
Mais alors, pourquoi Leipzig ? L’histoire veut qu’au début du 19ème siècle, Malthus Hempel, écrivain local, eût cette idée savoureuse pour faire économiser à sa riche cité quelques deniers : « Cachons le lard et apportons seulement les légumes sur la table. Qui vient et souhaite manger recevra un peu de bouillon de légumes. Ainsi mendiants et collecteurs d’impôts s’en retourneront vers Halle ou Dresde. » La tambouille de l’avare était née !
Pour goûter le Leipziger Allerlei, posez-vous donc à l’Auerbachs Keller, caveau caché à l’entrée de l’un des nombreux passages leipzigeois. C’est dans cette vénérable taverne que Goethe a imaginé quelques scènes de Faust. Mephisto trône toujours à l’entrée et vous pourrez lui caresser le pied gauche doré pour vous assurer fortune en cette nouvelle année !
Benoît Faedo
Auerbachs Keller, Grimmaische Strabe 2-4, Mädlerpassage, 04109 Leipzig
Menus de saison à 42,50€ tout de même !
www.auerbachs-keller-leipzig.de