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 Melli Beeese prête à monter à l'assaut des cieux
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L’histoire
du vol en Allemagne compte de nombreuses femmes pilotes.
Dans la nuit du 29 avril 1945, une femme s’envole aux commandes d’un Arcado 96 au-dessus de la Porte de Brandenbourg, une rue détruite par les bombes en guise de piste de décollage. Elle fend un ciel entièrement contrôlé par les Russes, une capsule de cyanure dans la poche. Cet épisode n’est que l’un des nombreux exploits techniques d´Hanna Reitsch. La pilote détient une quarantaine de records dans le domaine de l’aviation. Sauf que cette nuit-là, elle quitte le bunker d'Adolf Hitler à contre-coeur, après lui avoir vainement proposé la fuite. Le dictateur se suicidera le lendemain. Alors, évidemment « on préfère se souvenir d’autres pionnières de l’aviation allemande », sourit Hans Leo Richter, du Centre allemand de l’aviation (BLR). Bien sûr, « elle a fait beaucoup pour l’émancipation des femmes dans les années 30 » reconnaît-il, « mais elle n’a jamais utilisé ses talents d’aviatrice à des fins pacifiques ». On retiendra donc plus volontiers l’histoire de Hedwig Amelie Beese alias Melli Beese. Première femme à décrocher sa licence de pilote, elle est malmenée à l’école de l’air par ses camarades masculins qui iront jusqu’à saboter son appareil. En 1912, elle décide alors de créer sa propre école de pilotage. L’entrée en guerre de l’Allemagne scellera son destin. Dès le mois d’août 1914, l’Etat allemand la déclare ennemie pour avoir épousé un Français. Arrêtée puis internée, elle ne fera jamais le tour du monde comme elle en rêvait. À 39 ans, Melli Beese se suicide d’une balle dans la tête en laissant pour seul testament une note : « Il m’est indispensable de voler. Pas de vivre ».



Eve Minault
Voir aussi:
>> Les Ailes du désir
>> Voler de ses propres ailes...
>> Les marchands ont eu raison de l'histoire de Tempelhof
>> L'aviation de loisirs en bref
>> Vol au dessus d'un nid de cocos