

Nonchalante, jeune et hédoniste : La semaine de la mode berlinoise est à l’image de la capitale allemande. Du 5 au 10 juillet 2011, défilés, salons et expositions ont fait vibrer les bords de la Spree. Berlin a mis du temps à s’imposer comme capitale de la mode, face à Paris et Milan. La ville manquait d’infrastructures, d’argent et de visiteurs. Aujourd’hui, sa Fashion Week est réputée pour son originalité et son atmosphère décalée. Les labels allemands ne manquent pas. Focus sur Katharina Hovman, une marque revisitant nos clichés sur le style allemand.

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 © Charlotte Martinez
Les hôtels berlinois tels que l'hôtel de Rome profitent des apports de la Fashion Week.
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La semaine de la mode made in Berlin n’a plus à prouver sa légitimité. Deux fois par an, la capitale se transforme en vitrine des tendances à venir. De saison en saison, l’évènement s’agrandit, se professionnalise et s’internationalise. D’après la société de marketing et de tourisme Visit Berlin, la Fashion Week attire plus de 120 000 visiteurs qui génèrent à eux seuls un revenu pour la ville de 119 millions d’euros. Cela signifie également 200 000 nuits d’hôtel de plus réservées dans les établissements berlinois. Avec plus de 40 défilés, Berlin affine son identité de capitale de la mode. Environ 3700 entreprises et agences se consacrent à cette branche.

Au-delà de la mode, c’est un style de vie qui s’affirme. Créateurs et autres professionnels de la mode saluent le caractère insouciant de la Fashion Week Berlin. Au contraire de Paris ou Milan, Berlin ne subit pas les diktats de la mode et garde toujours une place pour les jeunes générations. En résulte un style non conventionnel, libre et épuré. De la Brandenburger Tor à l’aéroport inutilisé Berlin-Tempelhof en passant par les locaux de la Alte Münze ; tous les lieux phares de la capitale ont été mobilisés.

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 Un exemple d'Eco-Fashion: Katharina Hovman et sa collection consacrée au recyclage.
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La mode se met au vert
Tandis que Paris et Milan sont synonymes de Haute Couture, Berlin s’impose dans la branche de l’Eco-Fashion. Design durable, matériaux écologiques, commerce équitable : autant de thèmes omniprésents durant la Fashion Week. La mode biocompatible fait souvent sourire. Les critiques dénoncent une tactique de marketing très lucrative et hypocrite. Cette branche acquiert néanmoins un rayonnement international et touche une clientèle toujours plus vaste, soucieuse des problématiques environnementales. Avec plus de 10 000 visiteurs Le Lavera Showfloor et le Green Showroom ont ainsi fait partie des lieux clés de la Fashion Week, l’un sur la Karl Marx Allee et l’autre dans l’hôtel berlinois Adlon à Unter den Linden. Pour la première fois, un salon des labels écologiques a même été organisé dans l’imposant Radialsystem V. La semaine de la mode berlinoise s’est déroulée sous le signe des marques avant-gardistes et des défilés éthiques.
Les fameuses installations de mannequins devant rester immobiles (plutôt tremblant voire abandonnant avant la fin de la performance) cadraient donc mal avec cette ambiance. Une innovation critiquée pour son manque d’éthique : des mannequins objets ?

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 Katharina Müller-Lenz à l'hôtel de Rome.
© Charlotte Martinez
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Le manque d’ouverture internationale, souvent reproché à la Fashion Week berlinoise, est devenu un atout distinguant la métropole allemande des autres capitales de la mode. Les labels allemands, très diversifiés, font la fierté de l’évènement. Le label Katharina Hovman, fondé à Hambourg en 1992, appartient aux habitués des Fashion Week à Paris ou à New York. A Berlin, la créatrice Katharina Müller-Lenz présentait sa collection dans un prestigieux hôtel berlinois.

« Quand je crée des vêtements, je pense avant tout aux femmes, aux clientes » affirme-t-elle, souriante et décontractée dans une suite de l’hôtel de Rome. Sa collection se veut, en effet, pratique, résistante et adaptée à la vie mouvementée des femmes actives. Un style bien allemand tourné vers le fonctionnel ? Pas tout à fait. Le slogan du label « sexy aber leise » (sexy mais doucement) donne le ton à la collection. Pour Katharina Hovman, pratique rime avec chic. Evidemment, il ne manque pas les traditionnelles Regenmäntel (imperméables) à enfiler dans les Länder du Nord de l’Allemagne (ou ailleurs).

Le label Katharina Hovman appartient au mouvement de l’Eco-Fashion. En coopération avec le photographe Till Leeser, Katharina Müller-Lenz livre des pièces consacrées au recyclage. Till Leeser est connu pour ses Assemblages. Il constitue des tableaux à partir d’objets de récupération pour ensuite les photographier. En résultent des univers étranges composés de bouchons de bouteille, de câbles et autres déchets que le label hambourgeois imprime sur ses vêtements. L’Allemagne s’affirme donc encore une fois comme LE pays ecologically friendly, jusque dans les chiffons.

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 Katharina Müller-Lenz et Till Leeser
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Katerina Vojtechova
13.07.2011