

Pendant la Fashion Week berlinoise, les initiales BB étaient sur toutes les lèvres. Mais ici, rien à voir avec Brigitte Bardot. BB désigne Bread&Butter. Il n’est pas non plus question de Butterbrot – la traditionnelle tartine beurrée allemande. L’affaire est bien plus glamour : le salon de référence pour la mode urbaine fête son dixième anniversaire dans un des (multiples) lieux insolites de Berlin, l’aéroport désaffecté de Tempelhof.voir encadré

Bread&Butter Super Nights

Le Woodstock de la mode : quand les hipsters remplacent les hippies
« Here starts the superfuture » pouvait-on lire dès l’entrée du terminal. En effet, le Tempelhof s’est transformé, du 5 au 8 juillet 2011, en univers parallèle. Soucoupes volantes, robots et installations fluo y côtoyaient les collections et mannequins des marques représentées par le groupe B&B. Plateforme de la Fashion Week le jour, l’aéroport se transformait en festival géant à la tombée de la nuit. Les Bread&Butter Super Nights proposaient un programme chargé. Du Hip Hop américain avec Mos Def au Hardrock australien avec Airbourne en passant par les Hambourgeois inclassables de Deichkind. La scène éléctro berlinoise n’était pas en reste : Les DJs se sont succédés (entre autres DJ Forty, Quadron et DJ Phono). Le mystère plane toujours sur l’apparition surprise de Daft Punk. Info ou intox ?

Malgré l’annulation d’une des soirées pour cause d’orage, Bread&Butter a, encore une fois, réussi LE rendez-vous fort tant pour le milieu de la mode que pour la vie nocturne de la capitale. Pourtant, la concurrence était rude. La semaine de la mode a démultiplié les possibilités des noctambules : le Watergate, le Cookies ou encore le Broken Hearts Club…tous proposaient des soirées rivalisant en exclusivité. En cela aussi, Bread&Butter s’est démarqué des autres lieux de la Fashion Week en jouant la carte de l’accessibilité. De nombreuses places étaient à gagner chaque jour sur le site de la marque. Créateurs, mannequins et professionnels de la mode se mélangeaient aux journalistes et visiteurs curieux. Un mélange éclectique et décontracté.

Plus léger que l’air
Berlin confirme ainsi sa place unique dans le monde de la mode. Tandis que Paris et Milan s’imposent comme capitales de la Haute Couture, Berlin apporte un souffle de légèreté. La Fashion Week berlinoise se concentre davantage sur les jeunes créateurs et le prêt à porter accessible à tous. C’est effectivement ici que se profilent les nouvelles tendances des prochaines saisons. Et pas seulement celles que l’on admire sur les podiums mais surtout celles de la rue. Une semaine de la mode relativement grand public qui ne déroge pas aux règles de la capitale. Les looks rock et trash sont à l’honneur.


L’aire du vide
„Schmeiß die Möbel aus dem Fenster, wir brauchen Platz zum dancen!“ (Jette les meubles par la fenêtre, on a besoin de place pour danser) chantait le groupe Deichkind lors de son show fort en déguisements fantaisistes et feux d’artifices. A Tempelhof, ce n’était pas la place qui manquait. L’aéroport inutilisé depuis 2008 abrite régulièrement festivals et salons en tous genres, expositions et autres manifestations culturelles. Bread&Butter a su apprécier cet espace à sa juste valeur. En 2009, la compagnie a signé un contrat pour les dix années à venir dans le but d’organiser son salon biannuel à Berlin. Un évènement de plus qui ajoute en attractivité à Neukölln, quartier proche, populaire en pleine gentrification.

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 © Janneke Stein
Un surréalisme high-tech
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Katerina Vojtechova
Janneke Stein
09.07.2011

L’aéroport Berlin-Tempelhof, troisième bâtiment au monde en terme de superficie au sol, ouvre en 1923 en tant qu’un des premiers aéroports en Allemagne et ferme en 2008. En 1926 il devient le Heimatflughafen (aéroport central) de la Luft Hansa AG. En 1939 le trafic aérien civil est arrêté et l’aéroport sert notamment comme usine de montage pour les bombardiers. Quand les travailleurs allemands sont mobilisés pour la guerre, ils sont remplacés par des déportés en provenance d’Europe de l’Est. |
Les immenses souterrains (sur trois étages) de l’aéroport servent pendant la guerre comme abri antiaérien pour la population. Ils cachent également des archives cinématographiques dont le contenu sera néanmoins détruit par les soviétiques. |
En 1947 Tempelhof devient la base militaire de la United States Air Force. Pendant le blocus de Berlin il sert au transport de vivres et de biens de première nécessité. Encore aujourd’hui le Luftbrückendenkmal (monument du Pont aérien) évoque l'épisode de la Guerre froide avec son ballet aérien à grande échelle mis en place entre juin 1948 et mai 1949. |
Depuis des années, des initiatives citoyennes se mobilisent pour la fermeture de l’aéroport. Le dernier vol a lieu le 30 octobre 2008. |
Depuis mai 2010 la Tempelhofer Freiheit, sur le terrain de l’ancien aéroport, est ouverte au public. Les pistes d’atterrissage se sont transformées en un parc pas comme les autres, apprécié des Berlinois. |
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Ein toller informativer Artikel mit guten Fotos