imprimer   10.02.2012 
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Fanny Ardant et sa voix. Voix sur scène, nue, pour confier un texte durassien, "La maladie de la mort". Une voix troublante, pour nous parler de théâtre, d’amour et murmurer qu’elle aimerait juste apprendre l’allemand pour écouter Wagner.

 

 

Comment s’est passé la collaboration avec votre metteuse en scène, Bérangère Bonvoisin ?

Très bien, on était sur la même longueur d’ondes. Cette pièce se suffit à elle-même, il ne fallait en aucun cas l’illustrer ou la raconter, mais la dire, la confier, comme s’il y avait une urgence à livrer cette histoire, dans une impudeur, comme un secret. D’où la mise en scène épurée, dépouillée, pour ne pas restreindre l’imaginaire du spectateur.

 

 

Dans cette pièce, un couple vit son amour de la seule façon qui puisse se faire selon eux : en le perdant avant qu’il ne soit advenu. Vous pensez comme Duras qu’il n’y a pas d’amour heureux ?
La grande erreur, c’est de croire que toute une vie peut être bâtie sur l’amour. Toute la littérature ne parle que d’échec, que ce soit Wagner, Chrétien de Troie ou Roméo et Juliette… Ce que dit Duras, c’est que toute passion est vouée à la destruction, de l’autre et de soi. Il y a cette phrase dans la pièce : « Vous croyez pleurer de ne pas aimer, mais vous pleurez de ne pas imposer la mort. » C’est une phrase très mystérieuse, très dangereuse, mais que j’adore.

 

 

Marguerite Duras est adepte des amours impossibles, le rapport sexuel avec l’homme devient mortel et terrifiant... Pensez-vous qu’elle aurait pu éventuellement vivre heureuse avec une femme?
Non, elle adorait les hommes. La folie de Duras est de chercher la mort. Elle ne recherchait pas dans l’amour quelque chose de reposant. Elle aimait le corps des hommes, elle aimait l’amour physique avec eux. Regardez dans La maladie de la mort, cet homme est attachant, il a un regard d’enfant, il est certes égoïste et il a peur, mais cette pièce est un chant d’amour aux hommes.

 

 

Duras était donc condamnée à être malheureuse ?
Oui. Mais je crois que ça ne l’intéressait pas trop d’être heureuse.

 

 

Propos recueillis par Céline Robinet

 

 

"La maladie de la mort", de Marguerite Duras, mise en scène de Bérangère Bonvoisin, les 25. et 26. septembre 2006, à 20h, au Renaissance-Theater Berlin, Knesebeckstr. 100, 10623 Berlin www.renaissance-theater.de








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stimmex /// Sonntag, 01-03-09 23:51

c'est bête que l'on ne puisse pas entendre sa voix!

 
 

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