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le cas herman




Elle l’a dit et redit : le IIIème Reich a eu des bons côtés. Un taux de natalité prospère, la valorisation du rôle de la mère, une politique familiale vigoureuse, de belles autoroutes toutes neuves sur lesquelles on roule encore aujourd’hui.

       

Eva Hermann, ex-présentatrice du journal télé a confirmé son premier « dérapage » sur les bons côtés du nazisme, qui lui a valu son poste à NDR, lors d’une émission télévisée sur ZDF. Cette fois, la récidive lui a valu d’être renvoyée immédiatement du plateau.

 

Parce que de telles affirmations font grincer des dents. A l’heure où une partie de la population allemande repense le national-socialisme avec un certain laxisme emprunt de nostalgie grandissante, de tels propos arrivent comme la goutte d’eau en trop.

 

La très populaire Eva Herman n’en était pas à son premier scandale. Elle avait déjà publié plusieurs livres à la gloire de la famille, dans lequel elle regrette la perte du rôle de la mère, assignée à la maison à élever le plus grand nombre d’enfants possible. 

 

L’histoire se serait sans doute arrêtée là si le magazine « Stern », consacrant sa une du 18 octobre au cas Herman, n’avait pour l’occasion commandé un sondage auprès de l’agence Forsa : « Selon vous, le national-socialisme a-t-il eu des aspects positifs tels que la politique familiale ou la construction des autoroutes ? »

 

Ainsi tournée, la question obtient 25% de réponses positives auprès des 1003 personnes interrogées : 37 % chez les plus de 60 ans, éduqués sous le Troisième Reich, 15 % chez les 45-59 ans et, plus inquiétant, jusqu’à 20% chez les plus jeunes. Chez les personnes non diplômées, le taux atteint les 44%.

Le dérapage médiatique devient esclandre populaire et les réactions ne se font pas attendre.

 

Dieter Graumann, vice président du Conseil des Juifs d’Allemagne exprime son inquiétude dans une interview au netzeitung.de : « Le résultat du sondage est horrible, désastreux. Il me rend triste et me met en colère. Sans pour autant tomber dans l’alarmisme, nous devons le prendre comme un signal d’alerte. »

Nostalgie ? Ignorance ? Provocation ?

Ce résultat ne serait-il pas plutôt le signe d’une banalisation, une manière de se réapproprier un passé encore tabou ?

Objet de polémique, le film « Der Untergang » dans lequel l’acteur Bruno Ganz incarne Hitler dans un jeu plein de psychologie, n’a-t-il pas lui aussi contribué à banaliser le régime par le portrait humain et presque touchant qu’il dresse du Führer ?

 

 

Après un parcours scolaire où les programmes d’histoire insistent lourdement sur le IIIème Reich, les jeunes Allemands refusent d’en entendre parler et d’en être tenus pour responsables. Entre culpabilité assimilée et volonté de se libérer d’un poids du passé d’avant leur naissance, c’est souvent par le cynisme que les jeunes trouvent une porte de sortie. Les blagues sur Hitler et le nazisme sont monnaie courante et, entre copains, la banalisation semble synonyme de déculpabilisation.

 

 

Le cas Herman a ouvertement rétabli des ponts avec la période nazie que l’Allemagne a tendance à considérer comme une parenthèse sombre de son histoire, à jamais refermée.

Or, c’est en niant les héritages des douze années de national-socialisme que le pays s’expose à des remontées de nostalgie. Trouver les mots justes pour en parler est un défi toujours autant d’actualité.

 

Caroline du Bled








resultats entre 1 et 1 de 1
 

marco p /// Friday, 07-12-07 07:09

"... qui lui a valu son poste à NDR ..."

Peut être qu'il faudrait lire

"... qui lui a couté son poste à NDR ..." ?

 
 

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