On aurait pu penser qu’après le décès de sa mère, Jelinek allait trouver la paix. Non. Plus que jamais hantée, l’auteure autrichienne vient de pondre un roman de 576 pages où plane de nouveau l’ombre de la mère tyrannique et où trois morts se réincarnent pour tuer, violer, torturer, écharner les vivants... Le lyrisme rythmique de Jelinek, sa prose baroque, proche de la scansion, obsessionnelle, truffée de jeux de langue, sont les seuls intérêts de cette œuvre - ce langage même qui fait que toute traduction relève de la gageure. La version française a d’ailleurs reçu le Prix André Gide 2006 de la fondation DVA. Une bonne raison de lire cette traduction - la forme pouvant parfois suppléer au fond.
C.R.
Elfriede Jelinek, Enfants des morts, traduit par Olivier Le Lay, Le Seuil, 2007
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