Zakhia Sokayem, propriétaire du Phönizier, un petit restaurant libanais de la Eberwalderstrasse, n'a pas senti le contrecoup du scandale de la viande avariée. Il observe par contre d'un œil goguenard ce qu'on pourrait nommer l'effet "surgelé" dans les Döners turcs : ceux-ci placent leur broche de viande tout près de la rue pour attirer les clients, mais ces derniers, en allant travailler le matin, voient arriver les blocs de viande surgelée tout juste livrés, ce qui les rend plutôt méfiants, à tort ou à raison. Au Phönizier, la viande doit être livrée fraîche, explique-t-il, et chaque restaurateur libanais possède sa propre recette d'assaisonnement qu'il ne livre pas volontiers. L'origine des livraisons, majoritairement allemande, est strictement contrôlée et la date de péremption doit être respectée. Il prépare ses schawarma avec du poulet et ce serait plutôt la grippe aviaire qui pourrait inquiéter ses clients – à tort, puisque il n'y a aucun risque quand la viande est cuite.