Il a trois ans, Anna Politkovskaïa, journaliste russe assassinée à Moscou samedi 7 octobre, recevait ici même à Berlin le prix Ulysse pour le meilleur reportage littéraire. A cette occasion, je la rencontrais pour la deuxième fois. Une femme étrange, qui me saisit à chaque reprise par son humilité et une détermination tranquille mais irrévocable. Elle voyait sa courageuse couverture de la Tchétchénie comme son devoir de reporter pour la Novaïa Gazeta. « La conviction absolue que cette guerre doive cesser », la poussait à continuer malgré les difficultés « même physiques ». Elle avait alors déjà été la cible d’un empoisonnement raté et suite à de nouvelles menaces s’était réfugiée en Autriche. Une chance dont elle s’était trouvé « honteuse », alors que tant « n’ont aucune possibilité de fuir et continuent envers et contre tout, les violations des droits de l’homme, les conditions de misère, exposés à la mort chaque minute.» Sa conclusion : « Non, je n’ai pas peur ». Le verbe précis mais le regard lointain, elle me rappela ces âmes brûlées, ces hommes et ces femmes qui, exposés à la violence et l’abomination, s’approchent de régions de l’âme humaine d’où l’on ne revient pas – pas entier. Elle ne craignait pas la mort, me dit-elle. Elle semblait au delà.
Nadja Vancauwenberghe, rédactrice-en-chef de Ex-Berliner et ancien reporter en Russie (1998-2001), où elle a couvert le conflit tchétchène.
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vous faites bien de dénoncer le fachisme rampant!
Respect pour son courage! Une vraie patriote oeuvre pour la démocratie dans son pays!
Pour + d´info sur le sympathique Putin :
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=867