Un des premiers chocs en arrivant à l'est de l'Allemagne, c’est l’espace. Après quelques années comprimé dans une « studette » parisienne, les espaces vides donnent le vertige. « Studette », rien que le mot évoque les plaques électriques à côté de l’évier où se brosser les dents, jouxtant le radiateur où se chauffer les pieds. Rien de tel à Berlin. Brasseries ou hangars désaffectés, barres d’immeubles désertées, le cœur des villes allemandes ouvre d’étranges espaces de liberté… Des lieux vides, en friche, qui paraissent simples à investir, pour y installer enfin le magasin de mode, la crêperie ou le collectif d´artistes de ses rêves. Dans les années 90, Berlin apparaissait comme un lieu laissant une place à l´utopie, où le mythe de l´éternelle reconstruction permettrait à chacun de prendre une part active au visage de la ville. Est-ce encore le cas aujourd’hui ? Ou est-ce que l’euphorie qui a suivi la chute du Mur se tarit doucement ? Un dossier pour tous ceux qui ont un jour rêvé d’ouvrir un café, un lieu culturel ou même un Currywurst Imbiss ! Bonne lecture.