« J´ai passé le concours de l´Institut d´Etudes Politiques (IEP), plus un oral spécifique pour être admissible au double cursus » se souvient Emilie, ancienne élève qui a suivi une formation binationale en sciences politiques et sociales entre Bordeaux et Stuttgart. Premier impératif : avoir de bonnes bases en allemand. Selon les établissements, les autres conditions d´admission diffèrent.
Si Erasmus est entré sans difficulté dans les mœurs estudiantines, le diplôme binational est une alternative moins répandue. Depuis sa mise en oeuvre en 1999 par l´UFA, cette formule unique a réussi à créer un réseau de 140 universités et grandes écoles. Les cursus proposés sont, pour un tiers, un double diplôme dans les domaines de l´ingénierie, la gestion pour un autre tiers, et les sciences sociales, principalement le droit. La première année, plus de 1500 étudiants français et allemands sont partis grâce à l´UFA. Parmi eux, Emilie. Elle a ainsi « alterné [ses] années de formation entre la France et l´Allemagne. ». Les examens ainsi que la durée des études doivent être équitablement répartis entre les deux établissements. Soit effectuer un minimum de trois semestres dans le pays partenaire. Les doubles diplômes connaissent un franc succès : le nombre d´admis a triplé en six ans. Dans certains domaines comme l´ingénierie, il y a même plus de demandes que de places disponibles.
Une usine à cadres au-delà de l´Allemagne
Ecoles de commerce, de management, d´ingénieurs…un simple coup d´œil sur la liste des écoles offrant ce double cursus permet de pronostiquer de prestigieux débouchés. Cela s´inscrit assurément dans le marché de l´emploi actuel, comme l´explique, le cabinet de recrutement Eurotriade : « les cadres sont les plus recherchés ». Etudier en Allemagne ne signifie pas pour autant faire carrière à Francfort. « Cela ouvre des portes, de manière générale » déclare Emilie, en poste dans une société de consulting à Bruxelles, après avoir transité par Londres. M Geifes, secrétaire général de l´UFA, le confirme : « cet apprentissage interculturel donne une qualification qui dépasse le franco-allemand ». Maîtriser la langue de Goethe n´est pas seulement un signe de courage mais bien une plus-value non négligeable au diplôme, très stratégique pour accéder à des postes liés de près ou de loin à l´Europe. « Ca n´a pas été une condition sine qua non, mais cela m´a considérablement aidé à l´embauche dans plusieurs cas », estime Emilie.
Jennifer Semet