Gabim-Dietrich, leur histoire ressemble à un roman d’Hemingway, sur fond de guerre et d’exil, de luttes fratricides et de passion sacrifiée. L’acteur de « Gueule d’amour » et celle qu’il surnommait affectivement sa « Prussienne » vivront 7 ans d’un amour aussi tumultueux que discret, ingrédients d’un mythe toujours vivant.
Marlène Dietrich se trouve d’ailleurs en compagnie de l’écrivain américain, le jour où elle rencontre Jean Gabin, dans ce cabaret de New York, « La Vie parisienne », un soir de juillet 1941. Elle est immédiatement séduite par sa timidité d’étranger à peine débarqué, sa gouaille charmante, ses manières quelques peu bourrues mais finalement attendrissantes. Il est impressionné par la facilité de l’actrice allemande à parler le français. Ils ont, de plus, un triste point commun : tous deux ont quitté leurs pays d’origine pour échapper aux Nazis.
Les Etats-Unis ont adopté Marlène qui se sent comme un poisson dans l’eau, ou plutôt comme un ver dans la « Big Apple » (elle est citoyenne américaine depuis 1937). Jean se sent à l’étroit dans son costume d’acteur « américain », alors que ses amis se battent en France dans les forces françaises libres du général de Gaulle.
Il rejoint, en avril 1943, la 2ème division blindée du général Leclerc. Ce départ ne signifie pas pour autant la fin de leur amour. Elle trouve toutes les excuses, tous les concerts, pour le rejoindre, que ce soit à Alger ou à Paris.
La guerre finie, leur couple s’effrite : il lui reproche ses aventures, ses frasques, alors même que le public français est choqué de cette relation franco-allemande au lendemain de la guerre. Il est plus que jamais attaché à sa « terre », tandis que sa carrière, à elle, l’appelle à Hollywood. Ils se séparent douloureusement.
Gabin rencontre alors celle qui sera sa dernière femme, Christiane Fournier. Il construit une vie, poursuit sa carrière. Marlène l’aime toujours, s’installe à Paris, l’épie, tente de le revoir… En vain. Il ne reviendra plus.
Paul-Flavien Enriquez Sarano
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