

Coupe d´Afrique des Nations 2008
La Coupe d´Afrique des Nations 2008 a débuté le 20 janvier par une victoire du Ghana, pays hôte, sur la Guinée et se clôturera par la finale, le 10 février à Accra. Cette grande fête du football africain qui à chaque édition surprend par la qualité du jeu pratiqué par des sélections toujours plus professionnelles, vide les championnats européens de leurs meilleurs éléments.
En ces temps « d´immigration choisie », il en est une qui touche les championnats de football professionnels européens tous les deux ans, en janvier et février: la CAN. Et pour les clubs concernés, le choix n´est pas à l´ordre du jour.
En effet ce début d´année donne lieu à un exode massif de nombreux professionnels africains vers leurs sélections nationales. Bien sur les championnats européens ne sont pas tous logés à la même enseigne. La Ligue 1 française et la Bundesliga allemande sont deux exemples particulièrement représentatifs de cette disparité.
« La France est de loin la plus touchée par le départ des africains pour la CAN » nous confie Gernot Rohr, ancien footbaleur franco-allemand, actuellement entraineur de l´AC Ajaccio. En effet, sur les 368 joueurs qui participent à la CAN, 211 viennent d´Europe dont 59 du championnat de France contre seulement 15 d´Allemagne. Pour Gernot Rohr les racines de cet écart numérique sont historiques, « les joueurs africains viennent en majorité évoluer en France car ce pays a toujours eu plus de liens avec l´Afrique que l´Allemagne ». Mais cet exode touche aussi l´encadrement dans des proportions quasi identiques. En effet l´édition 2008 de la CAN compte 16 entraîneurs, dont 7 français et 3 allemands.
Pour la France le problème est double, non seulement certains perdent jusqu´à 5 joueurs pendant la CAN, mais le mois de janvier est aussi le plus chargé de l´année en compétitions (environ un match tous les quatre jours !). Les clubs tentent donc de retenir au maximum leurs joueurs mais, « on a des règlements à respecter, et de toute façon, les clubs sont préparés pour la CAN, les effectifs actuels sont plus riches et la période est propice pour lancer des jeunes du centre de formation» note l´ancien joueur du Bayern de Munich. « De toute façon, la CAN correspond à l´ouverture de Mercato d´hiver qui permet aux clubs de palier les absences »
La Bundesliga ne connait pas cette crise du mois de janvier. La trêve hivernale s´y étale de noël à février. De plus la fin janvier correspond à la clôture des phases de poule de la CAN et avec elle au retour de la moitié des joueurs africains en Europe. « Toutefois la Bundesliga sera un jour confrontée aux soucis provoqués par la CAN car la trêve allemande est remise en cause vu que l´hiver est désormais moins rigoureux » poursuit Gernot Rhor. Et oui, par la possible amputation de leurs vacances d´hiver, les footballeurs allemands risquent eux aussi d´être des victimes collatérales du réchauffement climatique !
Mais quelque soit le championnat, les mêmes problèmes sont récurrents : clubs qui ne veulent pas lâcher leurs joueurs, ou qui demandent des dédommagements aux fédérations africaines, voire joueurs qui refusent de partir pour la CAN…
Pour remédier à tous ces conflits, la plupart des clubs européens souhaite que la CAN se déroule tous les quatre ans, à l´instar des autres grandes compétitions internationales. Mais selon l´entraineur ajaccien, cette réorganisation est actuellement impossible, « Bien sur, il serait logique que l´on aligne à terme la CAN avec l´EURO (Championnat d´Europe des Nations), mais la période est à la promotion du football africain et celui-ci a pour l´instant besoin d´une CAN tous les deux ans ».
Clément Bruchon
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Attention : Accra avec deux C !
Belle CAN, car beaucoup d'engagement et de buts... ce qui met plutôt en relief le manque de rigueur tactique de la plupart des sélections !
La CAN vide peut-être les championnats européens de leurs meilleurs éléments africains... mais c'est une fois de plus l'Egypte qui a remporté la compétition.
L'Egypte est l'une des sélections qui compte le moins de joueurs "expatriés". Les individualités Drogba, Essien, Eto'o et compagnie ne peuvent que saluer la supériorité du collectif égyptien.
A méditer !