Israélien en Allemagne, Allemand en Israël. Après la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays en 1965, la société civile allemande s´est investie plus avant dans la coopération interculturelle.
Première instance représentative, la Société germano-israélienne (DIG). Fondée en 1966, elle regroupe aujourd´hui 5 500 membres, répartis dans 48 groupes de travail à travers toute l´Allemagne. Particulièrement active dans le domaine de la mémoire et de la culture, proposant notamment expositions et séminaires, elle a aussi partie liée avec de nombreuses associations permettant aux jeunes Allemands d´effectuer leur service civil en Israël.
« Aktion Sühnezeichen Friedensdienst » est l´une d´entre elles. Fondée en 1958 sous l´influence de l´Eglise confessante – branche de l´Eglise protestante qui s´est opposée au régime nazi-, cette association a permis, depuis sa création, à 1 500 jeunes Allemands de partir pendant au moins un an. Les premiers ont fait le voyage en 1961, accueillis dans le Kibbouz Urim. « Mais ils ont dû retarder leur départ de six mois, à cause de la tenue du procès Eichmann [haut fonctionnaire nazi, ndlr] à Jérusalem. Et la deuxième année, personne n´a pu repartir à Urim. La famille de l´un des membres du Kibbouz a refusé de le voir, le temps de la présence des volontaires allemands », raconte Bernhardt Krane, responsable de la section Israël à Sühnezeichen.
A l´origine de ces volontariats, le sentiment de culpabilité nourri à l´égard de trois pays : Russie, Pologne et Israël. « Au début, les Allemands n´étaient pas les bienvenus », poursuit Krane, qui a lui-même effectué son service civil en Israël dans les années 70. Petit à petit, les portes se sont ouvertes. Les programmes se partagent entre l´action sociale et la rencontre avec les survivants de la Shoah. Felicitas Gruetzmann, berlinoise de 21 ans, a passé un an en Israël l´année dernière et en revient d´autant plus déterminée. « Je veux m´engager contre la montée de l´extrême-droite en Allemagne. Parfois, je me demande si les gens ont vraiment tiré les leçons de l´Histoire ».
Cécile de Corbière