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 L´intérieur de la synagogue de Kassel. Art moderne pour culte ancestral
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Née à Munich en 1932, survivante de l´Holocauste, Charlotte Knobloch préside le Conseil Central de Juifs allemands à Berlin depuis juin 2006.
Quel est le rôle du Conseil Central des Juifs?
D´une part nous représentons la communauté juive auprès des non juifs. D´autre part, nous chapeautons les communautés juives et nous occupons des questions communautaires. Par exemple, l´intégration des émigrés venus des Etats de l´ex –URSS et qui doivent s´adapter aux communautés locales, à la vie religieuse mais aussi à la société allemande. Actuellement, plus de 105 000 Juifs sont enregistrés auprès du Conseil Central.
Comment entretenez-vous l´héritage culturel germano-juif ?
Il y avait autrefois dans ce pays des échanges très vivants entre les Juifs et les non juifs –beaucoup de personnalités politiques, culturelles, économiques et sportives en sont les exemples. Mon but, c´est de renouer avec cette époque. Nous n´oublierons jamais les crimes terribles qui ont été commis contre les Juifs entres 1933 et 1945. Mais nous n´avons pas le droit de réduire la vie juive dans ce pays uniquement à cette période. Les Juifs se considèrent de plus en plus comme partie intégrante de la société allemande. C’est très positif. Dans de nombreuses villes, les communautés s’agrandissent, des synagogues et d’autres lieux se construisent : par exemple, Munich va inaugurer sa nouvelle grande synagogue et un centre pour la communauté. Ce sont des symboles qui montrent que Hitler n’a pas gagné. Je tiens à reprendre l’exemple de Munich : c’est dans des lieux comme notre Centre juif, dans cette ville qui autrefois fut la capitale du mouvement nazi, que Juifs et non juifs peuvent évoluer ensemble.
Quel est l’état de l’antisémitisme en Allemagne par rapport à la France, où l’on parle souvent de déplacement du conflit israélo-palestinien dans les banlieues ?
Un thème important. En effet, malgré toutes les évolutions positives, il y a toujours plus d’antisémitisme en Allemagne. Des études montrent que les délits ont même augmenté ces derniers mois. Les Juifs allemands aussi subissent un antisémitisme lié à la crise au Proche-Orient : ils sont globalement tenus pour responsables de la politique du gouvernement israélien. Il est très important de faire dès maintenant un travail d’explication auprès des enfants et des adolescents.
Quelle est l’attitude des jeunes Allemands vis-à-vis de la Shoah et comment peut-on entretenir la mémoire ?
C’est justement chez les jeunes non juifs allemands que je ressens le plus d’intérêt pour le judaïsme et pour les témoins de l’Holocauste. Tout dépend de comment on transmet l’Histoire. J’essaie toujours de bien expliquer aux jeunes qu’ils ne sont pas responsables de ce qu’ont fait leurs grands-pères. Mais ils ont la responsabilité de faire en sorte qu’un tel crime contre l’humanité ne se reproduise plus jamais.
Pourquoi êtes-vous contre les « Stolpersteine » ? (voir article ci-dessous, NDLR)
En tant que survivante de ces années effroyables, il est pour moi très douloureux et absolument insupportable de voir que les victimes – symbolisées par leur nom- puissent être à nouveau foulées par des chaussures et des bottes. Ou qu’un chien puisse marcher sur le nom de ces victimes qui valaient, pour les nazis, encore moins qu’un animal domestique. Je suis fermement convaincue qu’il existe d’autres possibilités de se souvenir de ces victimes qui, pour une grande partie, ont été humiliées et blessées précisément par ces bottes et ces chiens.
Propose recueillis par Sonia Gonzalez
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