Cette année, le jury a eu une nette préférence pour des films porteurs d’un message politique fort. La surprise disparait, si on songe que c’est un genre cinématographique que le président, Costa-Gavras, affectionne particulièrement.
C’est ainsi, que l’ours d’or a été attribué à « Tropa de Elite », le film du brésilien Jose Padilha qui traite de la corruption, de la violence et de la morale plus que douteuse de la police de Rio. Salué comme un film « courageux », il déclenche cependant la polémique. Jugé ambigu, les opinions se divisent entre les admirateurs qui le perçoivent comme la description juste d’une position difficile que la police doit adopter pour survivre, et les détracteurs qui condamne un film perçu comme étant à la gloire de méthodes policières condamnables voire même porteur d’une vision d’extrême droite.
L'Ours d'argent, lui, revient à « Standard Operating Procedure », documentaire américain d'Errol Morris évoquant les abus dont furent victimes des détenus irakiens par des soldats américains à la prison d'Abou Ghraïb.
Le prix du meilleur acteur est attribué à l'Iranien Reza Najie, pour son interprétation de campagnard perdu et déraciné en ville, dans « The Song of Sparrows ».
La Britannique Sally Hawkins obtient le prix de la meilleure actrice pour sa magnifique interprétation d’une enseignante débordante d’optimisme, dans le dernier film de Mike Leigh « Happy-Go-Lucky ».
Le film « There Will Be Blood », avec Daniel Day Lewis, a été doublement récompensé. D’abord l’Ours d’argent du meilleur réalisateur a été décerné à Paul Thomas Anderson puis Jonny Greenwood s’est vu attribué l’Ours d’argent de la meilleure musique de film.
Et enfin, le prix pour le meilleur scénario revient à Wang Xiaoshuai pour le film « In Love We Trust ».
Letizia Mariotti