

On le sait, les rendements agricoles sont tributaires du climat. Dans le nord et en Rhénanie les fortes pluies estivales conjuguées aux températures quasi-automnales engendrent des moissons décevantes alors que la Bavière s'en sort plutôt bien. Au-delà des inquiétudes sur les revenus des agriculteurs, les prix des Brötchen et surtout de la bière pourraient grimper. En revanche maïs et betteraves ont profité des pluies abondantes, les corn flakes ne devraient pas pour autant baisser.

Les régions les plus touchées ont été celles du Nord et du Nord-Est de l’Allemagne. Un hiver long et froid, un printemps sec avec des gelées tardives et pour couronner le tout un été pluvieux et frais. Ces dernières semaines, de fortes pluies ont ravagé un grand nombre de plantations et inondé les champs, rendant les sols trop humides pour supporter le poids des moissonneuses-batteuses.
La fédération allemande des paysans (Deutsche Bauernverband) craint donc des rendements atténués pour cette année. Le Colza et les céréales sont les productions les plus touchées. La DBV estime que certaines récoltes du Brandebourg ont été à moitié détruites par les fortes pluies du mois d’Août. On compare déjà la saison 2011 à celle de l’année caniculaire de 2003. Les premières estimations tablent sur une baisse de 12% pour la production céréalière et de 34% pour le Colza par rapport à l’année dernière.
Lorsque les grains sont trop mouillés, il existe des techniques de séchage, mais ce sont autant de coûts supplémentaires pour les paysans. Tous les secteurs n’ont cependant pas été touchés par ces problèmes climatiques. En effet, l’humidité a même profité à quelques productions comme celles de la betterave à sucre ou du maïs. Ce qui devrait détendre en aval le marché du sucre. Pour les secteurs des fruits, le DBV s’attend également à une augmentation des récoltes. Le secteur des légumes quant-à lui peine toujours à sortir de la crise de l’ Escherichia coli (EHEC). La situation allemande est comparable à la France où les agriculteurs ont aussi subit un printemps extrêmement sec. Malgré tout, l’Union européenne ne prévoit pas une baisse de la production moyenne pour cette année.

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 Quand les céréales viennent à manquer...ce sont les buveurs de bière qui risque de payer les conséquences... (photo CIMMYT international Maize and Wheat Improvment)
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Brötchen stable, mais bière plus chère
La mauvaise récolte céréalière menace-t-elle la stabilité du Brötchen allemand? La question est tout ce qu’il y a de plus sérieux. A première vue, les données portent à croire que les prix vont monter. Une plus faible production nationale ajoutée à la pénurie mondiale (avec une production croissante mais insuffisante par rapport à la demande qui flambe), plus une augmentation des coûts salariaux, du prix des engrais et de celui de l’énergie. De plus, le séchage supplémentaire pourrait augmenter les prix de manière significative. Pourtant, Klaus Kliem, le président de la commission de la filière céréale du DBV, estime que si hausse des prix il y a, elle restera inférieure au taux d’inflation général. Par exemple, la part du prix du blé dans un petit pain n'intervient que pour 5% du prix total. C’est-à-dire que pour un centime du prix d’un brötchen (pour un prix moyen de 20 centimes). C'est ce que confirme Johannes Paas, à la tête d'un groupement de 130 agriculteurs autour de Ratingen (NRW*).
En revanche M. Paas estime que compte tenu de la mauvaise récolte d'orge, tant qualitativement que quantitativement il faut s'attendre à "une augmentation de quelques centimes par verre de la bière". en effet une grande part de l'orge récolté cette année "sera tout juste bon pour l'alimentation animale. Les brasseurs devront donc importer (Scandinavie) de l'orge" en risquant de répercuter les coûts sur le prix final de la bière. Mais bien plus que le pouvoir d’achat des Allemands, M. Kliem craint davantage de grosses pertes financières pour les agriculteurs. Comme pour l'orge, la qualité du blé détermine le prix. Ainsi c’est la qualité du grain qui fait la qualité du pain, et un grain trop humide ne peut pas servir à la fabrication de la farine.

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 Un ciel resté longtemps menaçant cet été sur les champs allemands (photo : ** Maurice **)
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un impôt pluie?
Il est encore trop tôt pour tirer toutes les conséquences économiques du mauvais climat de cette année. Mais La DBV souhaite alerter l’opinion publique sur la situation agricole. Le secteur est soumis à des fluctuations incessantes dues aux instabilités climatiques ou à la volatilité des marchés boursiers. C’est pourquoi Klaus Kliem demande la création d’une réserve compensatoire financée par l’impôt qui permettrait de faire des réserves lors des bonnes années pour les distiller dans les mauvais moments.
Reinhard Jung (directeur général de la fédération des agriculteurs de Brandebourg) tient des propos différents. Selon lui, ces problèmes ne sont pas du ressort de l’Etat. Le métier d’agriculteur comporte des risques qu’il faut accepter. D’autant plus que les aides profitent souvent aux gros exploitants. Pour M. Jung la meilleure assurance pour un paysan est celle qu’il se fait lui-même en mettant de côté pour les mauvaises années. Mais sous ce discours clairement libéral se dessine la critique farouche d’injustices bien réelles. Il est vrai que les petites exploitations ou l’agriculture biologique ne bénéficient que peu de ces aides.
Pour l'heure, en ces temps de restriction budgétaire, le ministère de l'agriculture annonce des mesure exceptionnelles, ciblées régionalement de délais pour le paiement de l'impôt afin d'alléger la trésorerie des exploitants. Dans le même sens la caisse de prévoyance agricole** institution financière publique, devrait proposer des crédits à taux réduits aux paysans.
Ces difficultés climatiques sont l'occasion pour les acteurs du monde agricole d'attirer l'attention sur les menaces concernant le secteur ou sur de supposées panacées. Ainsi M.Paas tire la sonnette d'alarme en rappelant que chaque jour, rien qu'en Rhénanie du Nord-Westphalie ce sont 15 hectares qui sont soustraits aux terres agricoles au profit des constructions et autre routes. Quant à M.Kliem, plus polémique, il estime que la solution réside dans la phytogénétique. Ce serait grâce à la recherche qu’on pourrait créer de nouveaux végétaux, plus résistant à l’humidité ou à la sécheresse. Peu sûr que les consommateurs allemands soient partant pour sauver l’agriculture allemande à l’aide d’OGM ...
Loïc Boissieu
05.09.2011
* Rhénanie du Nord-Westphalie
**Landwirtschaftliche Rentenbank dont le siège est à Francfort
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che drouve ke fou eksachérez un peu, fous fous moquéz, mais zè quand même très trôle!