On ne diffuse pas impunément des thèses révisionnistes. Ernst Zündel, auteur et éditeur, en a fait les frais. Le 15 février, la justice allemande l’a condamné à cinq ans de prison, la peine maximale prévue pour ce délit. Zündel, facétieux, sollicite à présent la révision de son procès. A révisionniste, révisionniste et demi.
Hans R. Vaget, germaniste américain, est revenu quant à lui en octobre dernier sur l’origine du nazisme. Dans son essai Seelenzauber. Thomas Mann und die Musik, il rompt avec l’image d’un Mann apolitique, coupé des réalités historiques : selon lui, ce n’est pas un hasard si son Docteur Faustus était musicien. C’est en effet la musique qui a longtemps symbolisé l’âme allemande et fondé la pensée nationaliste, impossible à créer politiquement dans un pays composé d’autant d’Etats différents. C’est la musique qui assurait à l’Allemagne une certaine hégémonie sur l’Europe. C’est la musique qui a préparé le terrain à Hitler. cqfd.
La multitude des théories sur le nazisme est ahurissante. Mais au-delà des théories, il y a des faits. L'exposition "Sex-Zwangsarbeit in NS-Konzentrationslagern" visible au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück nous en rappelle un : dès 1941, des bordels furent ouverts dans les camps. Des bordels. Pour la joie des détenus. Le but : augmenter leur rentabilité. Bien sûr, les SS auraient pu offrir à leurs prisonniers une nourriture équilibrée ou un sommeil réparateur. Que nenni, il fallait que les hommes se vident les couilles. D’ailleurs, aucun bordel masculin ne fut institué pour que les femmes puissent aussi accroître leur productivité. C’est bien connu : les femmes n’ont pas de couilles. Et puis il fallait lutter contre l’homosexualité qui risquait de se répandre dans les camps, horreur, malheur, allez hop, tous les mâles au bordel! Ensuite, la facture était envoyée à la famille du détenu - parfois c’était l’épouse elle-même qui devait payer la partie de jambes en l’air du mari. Les Nazis savaient tenir les cordons de la bourse (après la crémation, n’offraient-ils pas aux proches d’acheter les cendres du défunt?) Dans les bordels, les prisonniers, pourtant victimes de malnutrition, amenaient parfois à la prostituée des paquets de nourriture. Vanessa Rahn, « déléguée du personnel » chez Artémis, a raison : le corps de la femme est un capital, elle doit savoir pourquoi elle s’en sert...
Aïe, si seulement dans cinquante ans on pouvait dire : « La prostitution forcée ? Pfff, ça n’a jamais existé ! » Parce qu’il est évident que malgré l’horreur du négationnisme, il ne serait possible de dire une telle connerie que dans une époque où ça n’existerait plus.
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aussi odieux que peuvent être les propos révisionnistes...il est permis (j´espère?) de se demander si dans une réelle démocratie il est normal ou souhaitable que l´on puisse faire 5 ans de prisons pour des propos!