Vingt ans après un premier album, Charlotte forever, réalisé avec son père Serge, Charlotte Gainsbourg revient au chant avec un disque délicat, intime et mélancolique à souhait. "C'est un disque nocturne", dit-elle, "avec les références que j'y associe : l'insomnie, le voyage". Sur cet opus indéniablement pop, l'actrice et chanteuse a très bien su s'entourer. Les Versaillais de Air ont composé la musique. Jarvis Cocker (ancien leader charismatique du groupe Pulp) et Neil Hannon (Divine Comedy) ont signé les textes. Nigel Godrich, connu pour ses collaborations fructueuses avec Radiohead, Travis, ou encore Paul McCartney, en a assuré la production. Sur les onze chansons, on savoure la douce voix éthérée de Charlotte, subtilement désincarnée mais jamais absente. Un timbre fin, gracieux et frissonant, un ton par moments si discret qu'il en est chuchoté. Et surtout, Charlotte Gainsbourg y chante principalement en anglais, avec une élégance toute britannique, histoire de s'éloigner un peu de la trop impressionnante ombre du père en se rapprochant de la langue maternelle. "Je ne voulais pas qu'il y ait des références à mon père dans les textes. Je n'avais aucune liberté en français. J'aurais forcément fait moins bien", estime-t-elle. Pour accompagner le chant, les arrangements du groupe Air sont magnifiques et s'additionnent à la perfection (basses arrondies, cascades de piano, et guitares acoustiques). Un vrai disque à part que Charlotte défendra, on l’espère, un jour sur scène. "Je suis récemment allée voir Camille. Sa prestation m'a bluffée. Je suis ressortie en me disant que je ne pourrais jamais faire ça!", sourit-elle, avant d'ajouter : "peu importe! Je me présenterai comme je suis. J'ai envie d’essayer la scène!".