imprimer   21.05.2012 
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Véritable pape des collectionneurs allemands, Frieder Burda a ouvert en octobre 2004 un musée à son nom à Baden Baden. L’héritier de l’empire médiatique Burda a tourné le dos à une carrière toute tracée pour se consacrer à sa passion, la collection. Rencontre avec un homme d’art, comme on dit homme de plume.

 

 

1-Depuis votre première acquisition, comment alimentez-vous votre collection ?

           

Mon premier tableau, c’était un Fontana, en 1968. Je l’avais repéré à la Documenta, une foire d’art contemporain qui se tient tous les huit ans à Kassel. Depuis, j’achète des œuvres partout : dans des galeries, chez des artistes, dans des foires, des ventes aux enchères. Tout dépend de ce qu’on me propose. C’est très dur d’acheter en tant que privé car les prix montent très vite. Par exemple, avant une vente aux enchères, je me renseigne et je me fixe un prix précis à ne pas dépasser, c’est très important. Acheter de l’art, c’est très difficile. Comment mesurer la valeur d’une œuvre. C’est une question d’émotion, ce qu’on ressent face à une œuvre. Par exemple, un Picasso s’est récemment vendu 96 millions de dollars. Mais c’est un prix imaginaire !

 

 

2-Quels rapports entretenez-vous avec les artistes ?

             

J’ai une relation très forte avec les artistes. Je suis d’avis que quand j’achète une œuvre d’art, je dois aussi connaître l’artiste. C’est très important pour un collectionneur. Par exemple, pour les tableaux de la « Nouvelle peinture » (Neue Malerei), je suis allé dans les ateliers. Je rencontre les artistes, parfois je vais même chez eux. Dans la Nouvelle Peinture allemande, tous les artistes ne vont pas survivre. Peut-être dix pour cent seulement vont passer à la postérité, comme à chaque siècle. Je veux aussi donner la possibilité aux nouveaux artistes d’être exposés dans des musées.

 

 

3-Vous possédez dans votre collection des tableaux de la dernière période de Picasso. A l’époque ils avaient fait scandale…

 

J’ai acquis ces tableaux très tôt, il y a 20 ans. Picasso a  eu plusieurs périodes. Période bleue, rose, cubisme… Ses peintures cubistes étaient si éloignées de ses premières oeuvres qu’à l’époque, on lui avait dit qu’il ne les vendrait jamais. Ce qui l’avait fait rire. La dernière période de l’artiste commence à Mougins en 1961. Voilà un vieil homme qui fait des grosses mains, des grosses têtes. Une forte sexualité empreint les tableaux. C’est l’expression d’un homme qui s’approche de la mort et qui ne veut pas mourir, qui veut continuer à contrôler sa vie. Les images sont radicales, brutales, sexuelles.

Elles me plaisaient beaucoup car elles sont expressionnistes. Et l’expressionnisme, c’est précisément ce que j’aime. C’est aussi pour cela que j’ai acquis des Rothko, Pollock et des Kooning. C’était aux Etats-Unis, au milieu des années 70’s. J’allais dans les galeries, au Moma (Museum of Modern Art de New York). A l’époque, il n’y avait ni le Centre Pompidou en France, ni la Tate Modern à Londres. Il n’y avait que le Moma. A l’époque j’étais plus jeune, comme vous pouvez l’imaginer, ça m’a impressionné. Fasciné.

 

 

4- Comment est née l’idée de consacrer une exposition à Chagall, un artiste dont vous ne possédez aucun tableau ?

 

Il y a deux ans, j’ai vu en Russie, au Musée Tretjakow de Moscou, une magnifique exposition Chagall. Le musée a présenté cent cinquante chefs d’œuvres, des différentes périodes de l’artiste. J’ai décidé que je voulais montrer quelque chose comme ça à Baden Baden. Les Allemands adorent Chagall. Aucun autre artiste n’est aussi présent dans les foyers allemands, sous forme d’affiches ou reproductions. Pas Picasso, ni Matisse, ni Cézanne, mais Chagall.

Cent œuvres seront donc exposées. Et je suis sûr que ce sera un succès !

 

 

Propos recueillis par Sonia Gonzalez

 

Museum Frieder Burda, Lichtentaler Allee 8 b, D-76530 Baden-Baden
Tel : (0 7221) 3 98 98 – 0  office@museum-frieder-burda.de

Exposition Chagall jusqu’au 29 octobre.








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speck /// Thursday, 12-10-06 10:56

"la valeur d´une oeuvre d´art est une question d´émotion" et... de SPECKulation...c´est comme ca lard !

 
 

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