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 Apprendre à communiquer, une des missions de la Bundeswehr en Afghanistan.
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Les Allemands refusent d'envoyer leurs soldats se battre contre les Talibans dans le sud de l'Afghanistan.
L'image de la Bundeswehr est toujours celle d'une « armée de la paix ». Ses soldats aident des mères de familles au Kosovo, portent des sacs de sable pendant les inondations et construisent des écoles en Afghanistan. « Ils sont devenus des travailleurs sociaux en uniforme », ironise l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
Pour combien de temps encore ? La pression monte en effet chez les hommes politiques qui refusent toujours d'envoyer leurs soldats se battre contre les Talibans dans le sud de l'Afghanistan. Tandis que les Canadiens, les Néerlandais, les Britanniques et les Américains sont en guerre et tentent de mater une insurrection, les Allemands restent stationnés dans une région comparativement calme, le Nord, où ils sont chargés d'une mission de reconstruction et de maintien de la paix.
C'est le mandat qui leur a été confié par l'Assemblée fédérale (Bundestag), obligatoire pour toute intervention militaire, se défend Berlin face aux critiques.
Lors des réunions internationales, on continue pourtant de reprocher aux soldats allemands de jouer les « tire-au-flanc » et de « boire de la bière » alors que d'autres « se font descendre ». « Les Allemands doivent apprendre à tuer », aurait même déclaré un responsable de l'administration américaine. La déclaration a fait son effet dans un pays qui assume un lourd passé historique. Der Spiegel en a fait une couverture de Une.
L'Allemagne n'est pas le seul pays à avoir limiter son engagement en Afghanistan. Par ailleurs, les soldats de la Bundeswehr ne sont pas formés pour ce genre de missions, ajoutent les responsables politiques. Les seuls capables de supporter les combats et les traumatismes qui en résultent sont les 32 hommes du commando de force spéciale KSK («Kommando Spezialkräft »). Ils ne constituent que 1% des troupes engagées en Afghanistan (env. 3000 hommes). La chancelière Angela Merkel sait aussi que l'opinion publique est derrière elle. Selon les sondages, plus de 80% des Allemands sont contre une participation aux combats.
Le « Bundeswehrverband », l'organe de représentation des militaires, va encore plus loin en expliquant que la Bundeswehr n'est pas en Afghanistan pour tuer des Talibans mais pour reconstruire le pays. « C'est irresponsable d'envoyer des soldats pour de vaines opérations militaires », insiste le président, Bernhard Gertz. L'objectif est de gagner la confiance de la population. « Or, il ne peut être atteint avec des bombardements », estime-t-il.
Les Allemands savent néanmoins que les Alliés peuvent exiger à tout moment leur soutien au sud en cas de difficulté face aux Talibans, le mandat du Bundestag prévoyant ce cas de figure. Après sa première intervention à l'étranger depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (Kosovo, 1999), la Bundeswehr franchirait alors un nouveau pas dans son « retour à la normalité » en participant à des combats au sol.
Christophe Bourdoiseau
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"la complexité du mode de décision allemand" ca n´est pas la démocratie tout simplement?
Je suis un des pionniers de la coopération militaire avec l'Allemagne (1979-1983) durant la guerre froide. j'ai cotoyé beaucoup d'officiers, de sous-officiers et d'hommes du rang sans avoir de critique ni de réserve à émettre.
Bien sûr il y a une mauvaise presse sur les agissements de la Bundeswehr mais à qui la faute ? Pas aux soldats qui croient être là uniquement pour servir de cible mais à un manque d'expérience de l'armée allemande et au manque de soutien du pays à son armée.
C'est vrai qu'on a encore du mal ici à accepter l'idée de soutenir une armée. Pourquoi ne pas dire clairement qu'une armée pour la Paix, cela n'existera jamais ? Il suffit de regarder autour de nous pour le savoir.
Pour terminer : la Bundeswehr n'a pas l'expérience nécessaire, l'expérience du conflit armé et les cadres de l'armée allemande ne peuvent qu'enseigner la théorie. Ancien militaire je sais qu'entre la théorie et la pratique il y a une ennemi qui vous guette.
L'Allemagne est aussi la première à réclamer une armée européenne qui lui permettrait d'engager ses soldats sans devoir modifier les lois allemandes. L'hésitation militaire allemande lui coûte cher mais ce n'est pas par lacheté mais plutôt par la complexité du mode de décision allemand.
Michel H. A. Patin