Le marché de l’agriculture biologique en Allemagne connait une expansion spectaculaire, entachée par aucun scandale, annonce fièrement Felix Prinz zu Löwenstein, Président de l’association du secteur agroalimentaire écologique (BÖLW).
4,5 milliards d’euros, c’est le chiffre d’affaires de la vente de produits bio en 2006, soit une augmentation de 125% par rapport à 2000. En 2005, celui-ci atteignait 3,9 milliards d’euros contre 1,6 pour la France. Si le nombre de supermarchés bio ne cesse d’augmenter – près de 300 en 2006, environ 400 cette année – c’est surtout l’arrivée sur le marché des moyennes et grandes surfaces traditionnelles, notamment des hard-discounters, qui a provoqué cet essor.
Lidl a développé sa propre marque de produits bio « Bioness », suivi de Aldi avec « Prima-Bio » et de Penny avec « Naturgut ». Le boom du bio coïncide avec une transformation de son image. A l’origine, la clientèle cible se limitait aux couches sociales supérieures, soucieuses de consommer sain et éthique. Actuellement, les aliments bios sont en passe de devenir des produits de masse, à l’image de la boisson culte Bionade[1]. Fin 2006, on comptait plus de 30 000 produits étiquetés du label bio, tandis que l’écart de prix entre un produit bio et son équivalent conventionnel diminue.
Cette « démocratisation » du bio s’accompagne d’une normalisation de la branche. Fini les locaux sombres aux étalages de pommes de terres tordues. Vitrines attirantes, emballages colorés, tomates à diamètre égal : aujourd’hui, le bio se fait chic.
Jeanne Burie
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