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 Là où le futur des trains se construit...
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Bombardier Transport, entreprise canadienne ? D’origine certes : le leader actuel de la construction ferroviaire, qui emploie 28 000 personnes, a été fondé par Joseph-Armand Bombardier, au pays du sirop d’érable. En quelque 60 ans d’existence, l’entreprise s’est implantée dans 21 pays, dont la France et… l’Allemagne : depuis mai 2006, c’est à Berlin que se trouve le siège social mondial de l’entreprise ; Hennigsdorf, à quelques stations de S-Bahn de la Potsdamer Platz, abrite son plus important site de production et de recherche. Bombardier est l’une des rares entreprises à avoir choisi la capitale allemande et sa région comme point stratégique. Berlin peinant à attirer entreprises et investisseurs, ce choix prend une résonance particulière.
Le visiteur qui arrive à Berlin par la toute nouvelle Hauptbahnhof ne peut pas la manquer : une immense inscription l’accueille à sa descente du train, « Bombardier, Willkommen in Berlin ». C’est l’entreprise qui souhaite la bienvenue aux touristes de la capitale, comme une sorte de super sponsor de la ville. Klaus Wowereit s’était d’ailleurs empressé de se rendre à son nouveau siège social, soulignant que l’implantation du leader mondial en matière de transport ferroviaire représentait un « signe clair » pour la région Berlin-Brandebourg. Bombardier représente en effet plus qu’une source d’emplois, non négligeable cependant dans une ville et un Land particulièrement touchés par le chômage (les sites de Berlin et Hennigsdorf comptent 2200 employés). Selon un responsable de Berlin Partner, un service municipal destiné à encourager investisseurs et entreprises, cet ancrage de Bombardier dans la capitale allemande a permis à cette dernière de conforter sa position de pointe en matière de transports sur rails : avec la Deutsche Bahn, la ville accueille deux leaders mondiaux dans ce domaine (exploitation pour l’entreprise allemande, construction pour la canadienne). Comme on le lit à l’entrée du siège social de Bombardier, « Bienvenue chez le numéro 1 ». Conséquence, le salon InnoTrans, consacré au transport sur rail et organisé tous les deux ans à Berlin, connaît un succès croissant : on comptait 13 165 visiteurs en 1998, 35 686 en 2002, 64 422 cette année. Reste à savoir si les nombreuses restructurations dont le site de Hennigsdorf a fait les frais n’entraveront pas les espoirs que les pouvoirs publics ont placés dans Bombardier.
Car ce n’est pas le bien-être de Berlin et de sa région proche qui a motivé l’implantation de Bombardier – aucun projet de mécénat n’a d’ailleurs été développé localement. Sa présence tient d’abord à des raisons logistiques. C’est en 2001, après l’acquisition de ADtranz, ancien géant du rail installé dans la capitale, que la décision fut arrêtée, pour profiter de l’organisation berlinoise du groupe racheté. Et si son président, André Navarri, a qualifié l’arrivée de Bombardier de « profession de foi envers Berlin », l’entreprise profite de ce que la ville peut lui offrir. Comme les étudiants très qualifiés de la Technische Universität : l’entreprise y trouve un vivier d’ingénieurs, disponibles dès l’obtention de leur diplôme et qui n’ont que peu d’alternatives étant donné le petit nombre d’entreprises implantées à Berlin. La qualité de la recherche scientifique des grandes universités berlinoises profite ainsi directement à l’entreprise. Mais le leader entend surtout tirer parti de la position de plus en plus centrale de la capitale au sein de l’Europe : un carrefour ouvert sur les pays de l’Est, immenses marchés potentiels.
Aurore Peyroles
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