
L’effervescence multimédia, la scène musicale et les dessinateurs de mode : Berlin plaît aux french people qui sont nombreux à venir s’y installer des rêves plein la tête. Miroir aux alouettes ou ville de tous les possibles, Berlin la séductrice fait toujours parler d’elle.
« Des muralistes de la Cité de la Création (Rhône-Alpes) sont chargés de réaliser d’ici à 2008 la plus grande fresque d’Europe à Hellersdorf, un quartier sensible de Berlin Est. 64000 m² pour un chantier de 200 personnes dont des chômeurs de longue durée à réintégrer. » De telles histoires courent les rues de Berlin et en font rêver plus d’un.
Jasmine (26), a décidé de revenir à Berlin pour commencer à travailler. « J’avais fait un compromis avec moi-même. Je savais que je ne trouverai pas de boulot correspondant à mon master de « japanologie », mais je voulais profiter de la ville qui m’avait tant plu 2 ans avant, comme étudiante Erasmus. » Au bout de trois mois, Jasmine signe chez Jamba : « Ils voulaient m’engager comme stagiaire, comprenez plein temps et à l’oeil. Après dix minutes de négociations, j’ai obtenu un contrat de six mois, un salaire minimum et un collègue qui m’expliquerait tout. » Il s’agissait de télécharger de la musique belge pour les sonneries de portable. Un de ces jobs où tous les collègues sont photographes, musiciens ou tout simplement amoureux de Berlin.
Et lorsqu’ils n’emplissent pas les Call Centers, les Français de Berlin se font parfois rattraper par le milieu franco-allemand. Clara (25) ne voulait vraiment pas travailler avec ces « Français de l’étranger », et pourtant, après un stage non rémunéré et une recherche d’emploi laborieuse : « j’ai fait des cocottes en papier de mes diplômes et accepté un job dans le franco-allemand, tout ce qu’il y a de plus alimentaire. Depuis, mon allemand empire et mon insatisfaction professionnelle augmente.» Clara n’est plus prête à tout pour Berlin. « C’est décidé : si la ville ne me traite pas mieux, je la quitte ! Mais je lui donne une dernière chance, encore 6 petits mois... »
La déchirure, Pierre (27) l’a derrière lui. « Mon stage indemnisé 50€/semaine me permettait de profiter de la vie peu chère et si sympa de Berlin, mais j’y serais encore. »
Partir ou rester et à quel prix ? La question hante plus d’un expat’ confronté aux 19% de chômage de la métropole en construction. Patrick (28) a arrêté de réfléchir pour se lancer. « Je n’ai pas connu la galère des petits boulots mais l’incertitude du travailleur indépendant qui se lance sans garantie de succès. » Parti avec un seul client dans son répertoire il y a 2 ans, Patrick partage maintenant un bureau avec 2 collègues rencontrés lors d’un Congrès de traducteurs. Rien n’est impossible…
Charlotte Noblet