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 Le marathon de Berlin en 2008
(photo: luiginter)
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Le 25 septembre, a eu lieu le 38ème marathon de Berlin. Nouveau record du monde, controverses, chiffres astronomiques, cette nouvelle édition a été quelque peu mouvementée. Retour rapide pour les (non) marathoniens du dimanche.

Nouveau record du monde
Le Kényan Patrick Makau, vainqueur du marathon de Berlin pour la deuxième année consécutive, a battu le record du monde en réalisant un temps de 2h03'38''. Il a ainsi détrôné le détenteur du record mondial, Haile Grebreselassie (Ethiopie) qui avait couru le marathon en 2h03'59'' en 2008. L'ancien recordman mondial a d'ailleurs été contraint d'abandonner définitivement la course au 35e kilomètre pour cause d'asthme. Quoi qu'il en soit, c'est le 5è record mondial masculin qui est pulvérisé à Berlin depuis 1998. Pourquoi Berlin? Parce que le parcours est idéalement plat et la course a lieu au tout début de l'automne, ce qui assure un temps clément, sans que les coureurs n'aient à craindre de grosses chaleurs. L'année est décidément propice aux Kényans, puisque la coureuse Kényane Florence Kiplagat, pourtant partie sans être favorite, est arrivée en tête de la course des femmes avec un temps de 2h19'44''.

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 Paula Radcliffe au marathon de Londres
en 2005. (photo: Jon Dunning)
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LA controverse et LE sexisme
Un débat a quelque peu entaché cette 38e édition du marathon berlinois. Le record mondial féminin devrait en effet être invalidé par l'IAAF (International Associations of Athletics Federations) au 1e janvier prochain. Il est pour l'instant détenu par la Britannique Paula Radcliffe, qui avait couru le marathon de Londres en 2h15'25 en 2003. Cependant, l'IAAF a pris la décision de valider les records mondiaux féminins uniquement lors de courses non mixtes. La coureuse anglaise a reçu de nombreux soutiens lors de l'annonce de l'IAAF, notamment de la part de l'Allemande Irina Mikitenka, deuxième du classement lors du 38e marathon de Berlin, qui a déclaré: « Je trouve inadmissible que l'on annule un temps sept ou huit ans après qu'il a été réalisé. » Les associations World Marathon Majors, regroupant les marathons des villes de Berlin, Boston, Chicago, Londres et New-York ont aussi apporté leur soutien à Mme. Radcliffe, en qualifiant la décision de l'IAAF d'« injuste ». Au passage, cette décision s'applique seulement aux femmes, puisque le titre de M. Makau ne sera pas remis en cause...

Courir, un sport de riches?
Le marathon de Berlin, s'il fait bon y courir, n'en est pas pour autant bon marché. En effet, le coût de l'inscription s'élève à 60€ minimum, 100€ maximum, sans compter la location ou l'achat de la puce électronique indispensable au chronométrage des coureurs. Son prix s'élève à 31€, dont 25 sont remboursés à sa remise à la fin de la course, à la condition expresse qu'elle n'ait été abimée en aucune manière. Une autre possibilité consiste à l'acheter (toujours 31€). Courir à Berlin à la fin du mois de septembre peut donc revenir cher au marathonien du dimanche. Mais la capitale allemande n'est pas la seule à alléger ses coureurs de quelques billets. Pour exemple, la participation au marathon de Chicago coûte entre 145$ (presque 110€) pour les Américains et 170$ (environ 125€) pour les personnes n'ayant pas la nationalité américaine. Aux États-Unis toujours, l'inscription au marathon de New York, certainement le plus célèbre des marathons, est basée sur un système de tirage au sort. La somme de préinscription s'élève à 10$ (7€) qui ne seront pas remboursés si la personne n'est pas choisie pour participer à la course. Après avoir passé l'étape du tirage au sort, l'inscription définitive s'élève à 175$ (quasiment 130€), auxquels s'ajoutent encore 20$ (15€) pour le bus qui amène les coureurs au départ de la course. Enfin, l'inscription au marathon de Paris, si elle reste l'une des plus accessible, n'en est pas pour autant bon marché. Son montant s'élève ainsi tout même à une somme variant entre 65€ et 95€. Alors la course, un sport de riches? Le marathon, au moins un peu oui!

Du marathon sportif au marathon touristique
Pour la ville de Berlin, le marathon est aussi une machine à générer du tourisme. Car tous ceux qui sont venus pour participer au marathon ne sont pas restés à Berlin uniquement le temps de la course. Arrivés un ou deux jours avant, souvent accompagnés de membres de leur famille, les touristes-sportifs ne repartent pas à peine le ligne d'arrivée franchie. Ces quelques jours sont l'occasion pour eux de visiter la capitale allemande, de découvrir musées, monuments, restaurants... et de consommer. Le marathon n'est donc pas seulement un événement sportif qui sort de l'ordinaire – c'est en effet la seule compétition où concourent en même temps des professionnels et des amateurs – c'est aussi pour une ville comme Berlin dont l'économie est toujours plus tournée vers l'accueil des visiteurs, une véritable manne touristique.

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 Un hand bike, au marathon de Milan en 2006. Crédit photo: walrus2
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Quelques chiffres...
40 963 : C'est le nombre de coureurs et marcheurs qui se sont élancés dimanche à 9h, du départ de la course.
Parmi lesquels:
6 572 personnes en rollers (patins à roulettes en ligne)
175 handbikers (ou vélocimanes)
41 personnes en chaises roulantes
Et en vrac...
340 000 litres d'eau bus
272 000 épingles à nourrices épinglées aux dossards
145 000 bananes avalées
90 000 programmes "lus" ou du moins distribués
80 000 gâteaux secs grignotés
7 500 kg de pâtes dévorés
5 900 secouristes mobilisés
plus de 70 orchestres ont encouragé les coureurs tout au long du parcours
2 789 médailles distribuées aux heureux arrivants
250 litres d'huile de massage étalées sur les coureurs fatigués.
Marion Muracciole
le 26.09.2011
Lire l'article paru dans la Gazette le 29.09.2008 à l'occasion du nouveau record du monde réalisé par Hail Gebreselassie. Cet article a été rédigé par deux marathoniens: David Verdier et René Ghosh.
www.lagazettedeberlin.de/4974.html