La Croix et la Bavière
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La Bavière est toujours aussi accrochée à ses racines. Les « Grundschulen » (écoles élémentaires) bavaroises n’y échappent pas. Si bien que dans ce Land à majorité catholique, la religion tient une place toujours aussi importante. Chaque classe de chaque école de Bavière, qu’elle soit privée ou publique, possède d’ailleurs son crucifix. « Il est installé juste au-dessus de la porte », confirme Jens. Si le professeur de 3e et 4e classe dans le nord de Munich ne débute pas sa journée de cours par une prière, nombre de ses collègues ne coupent en revanche pas à cette tradition. « Je trouve ça très bien, commente-t-il. Je n’exclue pas d’y venir un jour. » La religion est d’ailleurs une spécialité dispensée à part entière, dans un Land où l’enseignement et le culte sont chapeautés par le même ministère. Mais tous ne peuvent pas la transmettre : il faut posséder le diplôme requis. « Dans ma classe, c’est une professeur qui me remplace pendant les heures de religion, détaille Jens. Mais dans d’autres écoles, c’est encore le pasteur qui se déplace. »
Ces mouvements d’enseignants devant les élèves sont les seuls dans les classes élémentaires, qui vont de la première à la quatrième (pour des enfants âgés en général entre 6 et 10 ans, 12 parfois). Bien que la Bavière aime à se démarquer, le ministère d’Etat à l’enseignement et au culte accorde aussi beaucoup d’importance à la stabilité des enfants. Comme en France, le professeur d’école élémentaire dispense son savoir dans toutes les matières. En 2005, le nombre d’enseignants bavarois était de 44 500, soit une baisse de 4% en cinq ans. Une tendance cependant plus douce que celle qui concerne les écoliers. Ces derniers étaient en effet 8% plus nombreux en 2000 qu’il y a deux ans où 790 000 d’entre eux fréquentaient l’école. D’après l’office bavarois de statistiques, qui devant l’ampleur des données nécessite plus d’un an de compulsation, il y avait ainsi en moyenne 17,7 enfants par classe en 2005, soit près d’un écolier de moins par rapport à l’année 2000. La Bavière n’échappe donc pas à la baisse de la natalité allemande. « Mais nous sommes moins touchés que le reste du pays, tempère Gisela Stückl, porte-parole du ministère d’Etat à l’enseignement et au culte. Les offres d’emploi plus nombreuses ont bien sûr un impact mais la qualité des professeurs en Bavière n’y est pas étrangère non plus. »
Malgré tout, la baisse continue n’empêche pas les garderies bavaroises d’afficher complet. L’Etat de Bavière est d’ailleurs en train de diminuer progressivement l’âge de la scolarisation des enfants (d’un mois chaque année). Ainsi en 2010 même les jeunes nés le 31 décembre pourront entrer à l’école, alors que jusqu’en 2004, il fallait afficher 6 ans le jour de la rentrée pour y prétendre. La mesure fait des adeptes puisque, d’après l’office de statistiques, lors de l’année 2004/2005, 11% des parents avaient décidé de scolariser leur bambin plus tôt. A noter d’ailleurs que les enfants n’ayant pas fréquenté les garderies ne semble pas davantage perturbés lors de leur entrée à l’école. « Les premiers jours, on voit qu’ils sont un peu perdus, remarque Jens. Mais ils ont vite fait de s’intégrer. »
Julien Bels, à Munich
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