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 on prototype de voiture écologique.
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Alors que le Mondial de l’automobile de Paris bat son plein, les sourires des professionnels sont un brin crispés. Le secteur a connu des jours meilleurs, et s’apprête à entrer à nouveau dans la crise. Une crise qui pourrait être plus profonde, en raison du changement d’attitude des consommateurs. Ceux-ci veulent des voitures moins chères à l’achat, mais surtout à l’usage. Et propres si possible.
Que ce soit en France ou en Allemagne, l’industrie automobile, c’est du lourd : en France, 2,5 millions d’emplois directs ou indirects, selon le ministère de l’industrie. En Allemagne, elle représente un cinquième du total des exportations et 6% du produit intérieur brut. Autant dire, sans mauvais jeu de mots, que l’automobile est un des moteurs de l’économie des deux pays.
Et pourtant la voiture, symbole de la liberté et de la réussite individuelle depuis les années 50 est à nouveau sur une chaussée glissante. Ca n’est pas la première ni la dernière fois, diront les observateurs.
Aujourd’hui, les constructeurs doivent faire face à une augmentation des coûts, en raison de l’envolée du prix de certaines matières premières, comme l’acier. Ensuite, le coût environnemental de l’automobile commence à faire grincer des dents : en Californie, une plainte vient d’être déposée par l’Etat contre les constructeurs pour leur contribution à la « nuisance publique » et au réchauffement climatique (voir notre article)
Mais le principal responsable de la crise est le prix du pétrole, en pleine ascension de l’Everest, et qui ne descendra vraisemblablement plus jusqu’à l’épuisement des stocks. Cette fois ci, il pourrait avoir atteint le seuil critique pour les consommateurs. Le constat est limpide : l’auto est trop chère à l’usage. Faire le plein d’une grosse berline coûte autant que deux abonnements mensuels aux transports en commun ! Si c’est la visite chez le pompiste qui pose le principal problème, ce n’est pas à lui que les consommateurs font payer leur rancœur. Les premières victimes sont les concessionnaires, qui, ces derniers temps, s’ennuient un peu pendant la journée : les ventes ont baissé de 13,3% le mois dernier en France.
Les constructeurs ont beau être parmi les principaux annonceurs publicitaires, rien n’y fait. Ainsi, Renault a lancé un nouveau modèle en Europe, sans la moindre publicité. Il s’agit de la Logan, une voiture familiale « low cost » construite en Roumanie et destinée à l’origine aux pays en développement. Finalement commercialisée dans les pays « riches » pour 7 500€, elle s’arrache comme des petits pains (10 000 exemplaires vendus en 2005 en France) aux dépens des autres modèles de Renault. A croire qu’il y a des pauvres dans les pays riches…
Des mesures drastiques
Face au risque d’aquaplaning, les constructeurs appuient sur la pédale de frein et tentent de « rationaliser les coûts ». On peut aussi traduire « rationalisation » par « plans sociaux », c’est au choix. Le groupe PSA (Peugeot-Citroen) vient d’annoncer 10 000 suppressions d’emploi, (sans compter les conséquences chez les nombreux sous-traitants). De son côté, Renault-Nissan discute avec l’américain General Motors de la façon dont ils pourraient « rationaliser » ensemble. A deux, c’est toujours mieux. Chez Volkswagen, où les syndicats ont obtenu l’absence de licenciements secs jusqu’en 2011, on emploie une autre méthode : augmenter le nombre d’heures de travail des employés de 28,8h à 35h. Mais sans rémunération supplémentaire. Rationnellement.
Les constructeurs payent aujourd’hui le prix pour avoir tardé à aborder le virage de la voiture « écolomique », à la fois écologique et économique. Ce retard technologique est d’autant plus regrettable que la hausse des prix du carburant était prévisible. Chaussée glissante, virage serré, il faudra de bons pilotes à la tête des groupes automobiles pour éviter les sorties de routes.
Constant von Meerkamp