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Stéphane Eicher Helvete germanophone et pourtant francophone.


 

Le Belge néerlandophone Arno et le Suisse germanophone Stefan Eicher se sont trouvés le temps d’un duo* il y a quelques années. Nous les avons rencontrés et ils nous disent leurs quatre vérités sur l’Allemagne… en quatre questions / réponses.

 

 

Arno, est-ce que l’Allemagne a une symbolique particulière pour vous ?

Oui ! J’ai eu une fiancée allemande ! De Munich. Elle s’appelait Brigitte et elle était très grande. Et elle me disait toujours : «  Arno, du bist mein kleine Küsschen** ! »

 

Donc c’est ça votre lien avec l’Allemagne ?

Ecoute, ce sont des Européens comme moi et moi je n’ai pas de frontières ! Je vais même te dire un truc : mon cœur est belge mais mon zizi est international ! (rire)

 

D’ailleurs, vos chansons parlent souvent de sexe. Ne pensez-vous  pas que le rapport sexe/rock est  un peu cliché de nos jours?

Ecoute ! Bon, c’est pas moi qui parle de sexe et de rock, c’est toi, mais je pense que quand il n’y a pas de sexe dans l’art et bien il n’y a pas d’art ! Mais en ce qui me concerne, je ne vois pas le sexe comme du porno. Pour moi, c’est pas ça. Et puis je n’aime pas les clichés ! Moi, les mecs qui prennent leur guitare entre leurs deux jambes comme si c’était la longueur de leur bite, je n’aime pas ça !

 

Pour finir, si on ne devait retenir qu’une seule chose de vous, ça serait quoi ?

Mon odeur ! (rire)… Et quand tu fais des bêtises, penses à moi !

*  « Ils ont changé ma chanson »

**  « Arno, tu es mon petit baiser »

Retrouvez l’intégrale de l’interview d’Arno sur notre site www.lagazettedeberlin.de

 

Stefan, l´Allemagne ça vous évoque quoi ?

Je suis très lié à l´Allemagne. J’ai eu une grand-mère allemande qui a dû quitter son pays pendant la Deuxième Guerre mondiale et bien que ma langue maternelle soit le suisse, j’ai appris l’allemand à l’école.  J’ai aussi beaucoup d´amis musiciens allemands, comme (par exemple) Finn qui vient de Hambourg et qui a fait ma première partie à l´Olympia. J´aime bien les groupes comme « Wir sind Helden » et Peter Licht que je trouve vraiment sensationnels. Tous ces groupes-là, je les écoute. Ils m´influencent et ça donne une musique peut-être un peu spéciale car les Français ne connaissent pas ces groupes. Je chante en français, mais influencé par ces groupes allemands.

 

 

Avez-vous chanté vos succès français en allemand ?

Non. Je ne sais pas pourquoi, les Allemands connaissent mieux la France. Mon dernier album francophone s’est vendu à 15 000 exemplaires en Allemagne. C´est assez impressionnant ! Ça va très facilement de la France à l’Allemagne, mais le contraire est bien plus difficile. En ce moment il y a une grande crise dans l´industrie du disque en Allemagne. Par exemple, cette fois-ci, mon disque n´est pas sorti. Ils ont dit qu’ils le sortiraient mais ils ne foutent rien alors je cherche une autre maison de disques qui, je l’espère, le distribuera !

 

Vous vivez en Suisse ?                    

Non en France, en Camargue chez les Gitans ! Et je cherche un appartement à Berlin. A Berlin et en Camargue. J ai besoin de la ville et de la campagne et Paris c’est désagréable pour un artiste qui veut un peu d´espace et d´échanges. Berlin c´est bien mieux. Et il y a déjà beaucoup de musiciens qui y habitent.

 

Et pourquoi Berlin ?

J ai commencé très tôt avec Berlin ! J’ai connu le mur et j’y ai toujours fait des concerts. Les villes brisées m´ont toujours attiré. Ça va peut-être paraître brutal, mais cette tension est très inspirante pour un artiste. J’ai pleins d´amis new-yorkais et parisiens qui disparaissent là-bas. Ça va changer, et ça va peut-être durer encore 5 ou 7 ans, mais pour l´art, les ballets ou la musique, c´est là-bas que tout se passe.

 

Propos recueillis par L.M et R.P.G





Le flamand decalé Arno excelle lui aussi en français.








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