Claude Claude Parent une œuvre marquée par le concept d'oblique
L’architecte français Claude Parent, membre en France de l'Académie des Beaux arts, honoré à Berlin par la galerie Esther Schipper. Pour la première fois dans la capitale, trois séries de dessins témoignent du travail de cet architecte, aujourd’hui âgé de 87 ans, lauréat du Grand Prix national d'architecture en 1979 et dont l’œuvre a été célébrée en 2011 par la Cité de l’architecture et du patrimoine de Paris.
Eglise Sainte-Bernadette du Banlay (cliquer sur l'image pour agrandir)
Deux grandes salles lumineuses et claires, voilà le nouvel espace de la galerie Esther Schipper, installée depuis peu à Schöneberger Ufer 65. Puis un mur coupe l’espace, il n’est pas droit mais oblique, il n’est pas blanc mais rouge. Tout de suite l’œil du visiteur est attiré par un autre coin de la pièce, l’espace semble se déplier. Christophe Wiesner, employé de la galerie explique : « Les dessins de Claude Parent ont été mis en scène par rapport à l’espace, avec l’idée que l’oblique est une dynamique qui permet de recomposer, de passer d’un espace à l’autre et il est important que le visiteur le ressente ainsi.»
Claude Parent lors d'une conférence à l'Université Columbia de New-York en 1994
Cette idée de l’oblique est au cœur du travail de Claude Parent depuis les années 60. Ce sont les plages de Normandie et sa rencontre avec le philosophe Paul Virilio qui ont insufflé cette thématique à l’architecte. Des bunkers enfoncés dans le sable à l’aménagement complet de son appartement selon les lignes de l’oblique, l’architecte a trouvé son angle, lui qui aime pourtant « briser les parallélépipèdes et le côté orthogonal classique de l’architecture », comme l’explique Christophe Wiesner.
Sur cette affiche la Villa du Cap d'Antibes, conçue en 1961 par Claude Parent pour l’architecte et sculpteur André Bloc.
Très conceptuel dans son travail, Claude Parent a assez peu construit. Plus théoricien, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Vivre à l’oblique (1970), L’Architecture et le nucléaire (1978), L’Architecte, bouffon social (1982) ou encore Errer dans l’illusion (2001). Ses réalisations témoignent également, par leur hétérogénéité, de sa constante recherche. La maison de l’Iran à la Cité universitaire de Paris est une réalisation emblématique de l’architecte, ainsi que l’église Sainte-Bernadette du Banlay à Nevers, réalisée dans un bunker.
A Berlin, Claude Parent n’a pas construit. C’est son élève Jean Nouvel*, avec qui le maître est toujours très proche, qui a œuvré dans la capitale allemande (Galeries Lafayette). L’exposition de la galerie Esther Schipper, en collaboration avec la galerie parisienne Natalie Seroussi et le collectionneur Daniel Wurst espère faire découvrir le travail de Claude Parent à un plus large public.
Les deux premières séries de dessins proposées par la galerie berlinoise s’intitulent Open-Limit et Vivre à l’oblique. La troisième série est une proposition de Claude Parent qui a redessiné l’année dernière les plans de la maison expérimentale du Cap d’Antibes qu’il a construit en 1961 pour l’architecte et sculpteur André Bloc. Le visiteur curieux pourra donc découvrir le travail de Claude Parent jusqu’au 10 mars prochain et sentir ainsi qu’une vie carrée peut aussi s’envisager de façon oblique.