Dans un village déserté de ses animaux, les villageois ont peur. La nuit, ils se barricadent et apprennent aux enfants:« la forêt est dangereuse », « méfiez-vous des montagnes », « n’importe quel arbuste peut tramer quelque chose !» Les enfants ont beau demander pourquoi, leurs parents restent muets. Alors ils préfèrent se moquer de Nimi, le petit garçon qui a attrapé la « hennite » (il hennit comme un poulain). Seule Emanuela, l’institutrice, dessine des animaux sur le tableau noir pour ne pas oublier, et Almon, l’ancien pêcheur, évoque parfois le passé. Mais Matti et Maya veulent percer le secret. Sorte de Nathan le sage moderne, le conte d’Amos Oz est une variation poétique sur le conflit israélo-palestinien. Et à l’instar de l’auteur, on se prend à rêver d’un mot qui signifierait à la fois mémoire et oubli.
C.R.
Soudain dans la forêt profonde, Amos Oz, Gallimard, septembre