Alpha Blondy avant son concert du 2 juillet 2011 au Summerjam de Cologne
L'Ivoirien est sans doute l'une des plus grandes stars de la scène reggae internationale. Véritable initiateur du reggae en terre africaine il a su très tôt prouver que cette musique pouvait avoir, loin des réalités caribéennes, un caractère universel. D'aucuns le comparent même à Bob Marley pour son charisme et son engagement politique. Il est vrai que sa musique est difficilement dissociable de sa lutte contre la corruption et la brutalité du pouvoir. À l'occasion du Summerjam de Cologne, Alpha Blondy a répondu à quelques questions avant de monter sur scène. Morceaux choisis…
La Gazette : Vous jouez volontiers à Cologne ?
Alpha Blondy : Je suis un « citoyen de Cologne », c'est un vrai plaisir de revenir au Summerjam, c'est déjà la sixième fois que je joue ici.
La Gazette : Après votre album « Jah Victory », l'attente à été longue avant votre nouvel album ?
Alpha Blondy : Cet album a été fait dans des conditions très particulières. Nous étions en tournée, on jouait à l'hôtel, on branchait les appareils et on enregistrait.
La Gazette : Votre nouvel opus s'appelle « Vision », quelle est justement votre vision de ce qui se passe actuellement dans votre pays, la Côte d'Ivoire ?
Alpha Blondy : Je voulais faire un embargo sur Alpha Blondy, parce que j'étais très triste. Tiken Jah Fakoly et moi avions prévenu des dangers de « l'ivoirité » (comprendre au sens d'un certain communautarisme ndlr). Maintenant, il faut oeuvrer pour la reconstruction, la réconciliation, je vais d'ailleurs faire une chanson qui va s'appeller « Réconciliation » sur ce sujet-là.
La Gazette : Et votre vision de la situation actuelle ?
Alpha Blondy : Les politiciens doivent absolument remettre l'humain au centre de la politique. Le problème c'est que les politiciens veulent utiliser les musiciens et le public, et qu'il est toujours difficile de refuser de jouer le jeu. Sinon ils te mettent les journalistes sur le dos ! Par rapport à l'Europe, les droits des citoyens sont moindres en Afrique. Tu vas être brutalisé et menotté par les forces de l'ordre pour n'importe quoi.
La Gazette : Êtes-vous un chanteur engagé ? Avez-vous conscience de la portée de votre discours ?
Alpha Blondy : En fait, je parlais de ma condition sociale, d'injustice sociale, je ne savais pas que j'étais un chanteur engagé. On doit donner de l'espoir aux enfants. En français, il y a un proverbe qui dit « les promesses n'engagent que ceux qui les croient », il faut en être conscient.
Propos recueillis par Till Buisson
5.07.2011
"Ma tête" : extrait de "Visions", nouvel album d'Alpha Blondy
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cocody /// Sonntag, 10-07-11 13:47
Même si effectivement le "papy" du reggae africain a ouvert la voie et même de manière brillante, je vous trouve bien gentil sur son "silence" de ces dernières années voir son implication aux côté de Laurent Bagbo, cet imbécile qui a pris la tête à tout le monde depuis des années.
Le tout en se drapant dans un discours anti-néocolonialiste peu crédible.
Les Ivoiriens savent fairent la différence entre l'engagement d'un Tiken Jah Fakoly et les ambiguïtés d'Alpha