Oubliez Guignol, Gnafron et le gendarme Flageolet…Le Puppentheater, théâtre de marionnettes en allemand, a bien autre chose à offrir. Le régime soviétique l´avait détourné en outil de propagande destiné aux enfants… cet art populaire initialement réservé aux adultes, semble avoir retrouvé pour de bon ses lettres de noblesse.
Le développement du Puppentheater en Allemagne, soit le théâtre d’objet selon la nouvelle appellation, doit beaucoup à la RDA : son enseignement y était même obligatoire dans les écoles primaires. Berlin-Est comptait dans les années 1980 dix-sept théâtres de marionnettes subventionnés par l´Etat, contre un seul public aujourd’hui, la Schaubude. « C’était une époque bénie pour les marionnettistes », reconnaît Silvia Brendenal, directrice artistique de l’établissement. La Schaubude à elle seule employait à l’époque une cinquantaine de personnes. Aujourd´hui, elle accueille des artistes venus des quatre coins du monde. Y compris de la scène française qui, selon Silvia Brendenal, « peut-être grâce au régime des intermittents, reste une des plus vivantes d’Europe ». La Schaubude présente aussi une fois par an le travail de la section « Art de marionnettes » de la très prestigieuse école Ernst Busch. « La scène du "théâtre d’objets" est en pleine mutation » analyse Muriel Camus, fondatrice de la troupe franco-allemande Anima. « L’apparition de nouvelles technologies et l’arrivée d’artistes d’autres milieux ne cessent d’enrichir cet art encore peu exploité », poursuit-elle. Expérimentale, la marionnette ? Pour le prouver, pas moins de 125 théâtres en Allemagne sont consacrés exclusivement à ces drôles de poupées, dont une dizaine à Berlin. De quoi redécouvrir ces jeux de mains plus malins qu’on ne le pense…
Eve Minault
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