Air Berlin, troisième compagnie aérienne à bas prix en Europe, s’offre son concurrent Dba.
La compagnie débourse là 50 millions d’euros pour l’ancienne filiale allemande de British Airways, qui l’avait cédée il y a trois ans pour un euro symbolique.
Objectif stratégique : étoffer son réseau de destinations. En effet, alors qu’Air Berlin dessert surtout la côte méditerranéenne – elle possède même un hubà Palma de Majorque -, Dba propose principalement des vols à l’intérieur de l’Allemagne. Air Berlin s’offre ainsi deux nouvelles bases avec les aéroports de Munich et Düsseldorf. Le nouvel ensemble table sur des synergies de 71 millions d’euros d’ici 2008 et annonce qu’une augmentation de capital ne sera pas nécessaire pour assurer la fusion.
Pourtant, Air Berlin avait annoncé un déficit raisonnable de 960 000 euros au 1er semestre. Et Dba, quant à elle af-fichait sur son précédent exercice quelques 30 millions de perte opérationnelle. Mais, fort d’une importante capacité de résorption – en 2005, Air Berlin accusait au 1er semestre un déficit de 43 millions –, le groupe estime pouvoir continuer son redressement et terminer l’année en positif. La fusion des deux entités complémentaires,qui ont déjà collaboré par le passé, devrait se dérouler sans trop de difficultés. Et ainsi regroupés, ils compteront 20 millions de passagers par an. De quoi se rapprocher un peu des leaders du marché européen des low-cost, Ryanair et EasyJet avec leurs 37,6 et 32,4 millions de voyageurs annuels. Jugée logique dans une visée stratégique, la fusion a été saluée par le marché. L’artisan de ce coup de maître, Hans Rudolf Wöhrl, l’ancien propriétaire de Dba, a en effet bouleversé l’échiquier du ciel allemand. LTU, dont il est toujours actionnaire, se retrouve maintenant privée de son alliée Dba contre la Lufthansa sur les vols intérieurs. Le patron de LTU, Jürgen Marbach, l’annonce déjà : “à moyen terme, notre ligne est bien trop petite pour exister seule sur le marché”. La valse des alliancesest donc loin d’être terminée. Et comme au bal, celui qui ne trouvera pas de partenaire risque bien de rester sur la touche...
Nicolas André
Pour en savoir plus, consultez le dossier
de notre n°5, consacré aux lowcost.