Berlin, Friedrichstrasse, 17h45. De véritables torrents de vélos déferlent sur la grande rue commerçante de la capitale. Ils arrivent de partout, donnant à la ville des airs chinois. Le Land de Berlin a vu le trafic des cycles bondir de près de 20% depuis 2004. Conséquence : certaines pistes cyclables sont saturées ! A Münster, la plus écolo des villes allemandes, 40% des déplacements se font en pédalant, tandis que dans une agglomération française de taille comparable comme Tours, on atteint péniblement les 4%. On mesure aisément l’avance prise par les Allemands dans le domaine des « circulations douces », comme les appellent les urbanistes. Celles-ci ont le vent en poupe, alors que l’ère de la voiture individuelle en ville voit sa fin arriver aussi vite que les puits de pétrole se tarissent. Economique, peu gourmande en espace, silencieuse et non polluante, la « Petite Reine » est en passe d’être sacrée Impératrice de la mobilité urbaine.
Du coté des transports publics, l’Allemagne prend également l’avantage. Plus nombreux, plus fréquents et plus fiables, les transports collectifs sont attractifs. Le fédéralisme permet des initiatives locales plus pragmatiques et proches des besoins réels de déplacement des citoyens, lesquelles s’opposent au centralisme français et à son cortège de blocages et de lenteurs. Ainsi, toutes les grandes villes allemandes ont développé leur propre réseau de S-Bahn, alors que le RER français demeure un privilège réservé aux seuls franciliens. Et cela fonctionne : en moyenne, chaque allemand a utilisé 130 fois les transports publics (tous types confondus) en 2005, contre 120 fois trois ans plus tôt. Un véritable engouement pour les transports collectifs.
Mais ne nous y trompons pas. L’Allemand reste un éternel amoureux de sa voiture, et celle-ci conserve une part majoritaire dans les déplacements. Ce sont les pressions économiques, la cherté du litre de gasoil en tête, davantage que les préoccupations environnementales qui poussent « l’homo germanicus » à abandonner sa grosse cylindrée au profit des transports publics ou de sa bicylette. Pour le plus grand bonheur de nos poumons.
Constant von Meerkamp
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