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Un homme arrive à l’aéroport de Schönefeld, en chemise, bermuda, sandalettes et chaussettes. A la main, pour seul bagage, un vélo. Quelques heures plus tard, le voilà à Nice, qui enfourche son deux roues et disparaît au son des cigales dans l’arrière pays niçois.

C’est la réalité des compagnies à bas coûts, dites low-cost : une formidable réduction des distances à l’échelle européenne, qui rend accessibles les terrasses de Pise ou de Riga et permet de rendre régulièrement visite à sa famille.

 

 

 

Allemagne, grande banlieue

 

Les compagnies low-cost seraient-elle le secret de l’expatriation bien vécue ? Pour François Prieau de Berlin-Prenzlauer Berg, habiter en Allemagne serait «impensable» sans la possibilité de rentrer en France en quelques heures pour voir sa famille. «Ma mère rend visite à ses petits enfants tous les deux mois en avion. Malgré la distance, on peut conserver un vrai rapport de famille». Il est maintenant possible de prendre l’avion plusieurs fois par an sans avoir à grever lourdement son compte en banque. Cette formidable démocratisation a permis à plus de 15 millions de passagers l’an dernier, un quart du trafic aérien total, de découvrir les nombreux charmes de l’Europe.

 

 

 

Des services virtuels

 

Pourtant cette démocratisation ne touche pas tout le monde. Une des grandes nouveautés du low cost tient au fait que 95 % des achats de billets se font par Internet. Ce mode d’achat attire surtout ceux qu’on appelle les «Smart Shoppers» - une population jeune, rompue à la recherche des meilleurs prix sur Internet et qui n’a pas de blocage générationnel pour entrer son code de carte bleue dans un ordinateur. Chez les compagnies «low cost», l’intégralité des services de bureau a été virtualisée. Une tendance qui déroute ceux qui ne sont pas familiers du web. «Je ne suis pas complètement habitué» explique Jean Alex Ruf, retraité. «Je voyageais beaucoup pour mon travail, mais avant, au moins, il y avait des billets!» Alors qu’aujourd’hui, chez EasyJet, ce sont les bornes automatiques qui nous posent elles-mêmes le questionnaire de sécurité. Les compagnies à bas coûts économisent en effet sur les services, pour proposer des tarifs plus compétitifs. Sur les tarifs, mais aussi sur le salaires des employés.

 

Plus de voyages, moins d’exigence de qualité; on imagine souvent les hôtesses de l’air belles, élancées comme Françoise Dorléac dans la Peau douce… Si Air France recrute encore sur critères physiques (les femmes doivent mesurer plus d’1,58 m et les hommes au minimum 1,70m), EasyJet affirme recruter plutôt de «vraies personnes, avec de vraies personnalités, pour une vraie différence». La vraie différence, ce sont surtout les salaires, davantage indexés sur le service -minimum- offert aux passagers que sur le travail fourni. Chez Air France, une hôtesse débute avec 19 000 euros par an, pour 60 à 70 heures de vol par mois et peut espérer finir sa carrière à 34 000 euros. Chez EasyJet, l’hôtesse de l’air débute à 12 975 euros par an, qui se bonifient en 15 706 euros, pour souvent plus d’heures de vol. Pourtant, le ciel est aujourd’hui dégagé pour les low cost : l’inéluctable épuisement des réserves de pétrole qui pointe à l’horizon fait encore figure de turbulence lointaine.

 

Dorothée Fraleux

 

 

Les low-cost ont le vent en poupe

Les compagnies low cost à l’assaut de l’Allemagne

Décollage difficile pour les low cost en France

Pollution : la fin du non droit ?

Y a-t-il des « Low Cost » dans le ciel africain?

 








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