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Les tarifs prohibitifs du roaming - les appels émis et reçus sur un téléphone portable à l’étranger -, sont dans la ligne de mire de la Commission Européenne. Face à la menace pesant sur ce juteux business, les opérateurs se mobilisent et font pression. Aux dépends des consommateurs.  

 

Depuis son arrivée dans la commission Barroso en novembre 2004, la Commissaire Européenne à la société de l’information, la luxembourgeoise Viviane Reding, avait mis les opérateurs de téléphonie mobile en garde à plusieurs reprises. En substance, le message était le suivant : soit vous baissez sensiblement les tarifs du roaming au sein de l’Union Européenne, soit la Commission va devoir réglementer. Mais voilà, Orange, Vodafone et les autres n’ont pas pris les menaces au sérieux et ont fait la sourde oreille pendant plus d’un an. L’occasion d’encaisser la coquette somme de 8,5 milliards d’euros, le montant colossal payé par les 150 millions d’Européens qui utilisent leur portable à l‘étranger chaque année. Il convient de rappeler que d’un point de vue technique, acheminer un appel d’un portable d’un pays à l’autre ne provoque pas de surcoût pour les opérateurs. Il s’agit donc d’une taxe tout à fait artificielle.  

 

 

La suppression initialement prévue s’est muée en simple plafonnement  

 

En mars 2006, Viviane Reding, échaudée par la résistance passive des opérateurs, a donc présenté un projet prévoyant la suppression pure et simple des frais de roaming en Europe, sur le modèle des virements interbancaires. Levée de boucliers chez les opérateurs, victimes selon eux de l’acharnement de la Commissaire. A Bruxelles, leur puissant lobby s’est alors mis au travail, et la suppression initialement prévue s’est muée en simple plafonnement. Les appels émis depuis un autre pays ne devront donc plus dépasser 0,49 € par minute, tandis que les appels reçus, eux aussi payants, seront limités à 0,16 € par minute. Une « approche équilibrée », selon le portugais José Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne.  

 

 

Une situation également intenable pour les dizaines de millions de frontaliers  

 

Plutôt une concession inacceptable, pour les associations de défense des consommateurs. En France, l’UFC-Que Choisir, qui n’hésite pas à qualifier les frais de roaming « d’arnaque », estime que les opérateurs réalisent une marge de 80% pour un bénéfice estimé à 735 millions d’euros dans l’Hexagone ! Une situation également intenable pour les dizaines de millions de frontaliers, dont le téléphone passe automatiquement d’un réseau à l’autre, induisant des frais injustes de roaming. Transatel, un opérateur paneuropéen, propose de forfaits spécialement destinés aux frontaliers et aux grands voyageurs, qui permet de passer la frontière sans avoir à payer de frais, avec un numéro local dans chaque pays. Mais les opérateurs classiques n’ont pas fait beaucoup de gestes en direction de ceux qui passent souvent d’un pays à l’autre. On peut s’interroger sur la relative faiblesse de Bruxelles face aux lobbies, alors même que le développement des échanges entre les citoyens et les entreprises européens est une de ses prérogatives.  

 

 

Constant von Meerkamp

 








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