Le marché du travail poursuit son embellie en Allemagne : c’est le 24ème mois consécutif que le taux de chômage est revu à la baisse. Il semblerait donc que la dernière crise soit dépassée. L’Allemagne attire à nouveau les investisseurs étrangers, en particulier ceux du tertiaire, intéressée par la relance de la demande intérieure. Retour sur le phénomène allemand.
Les derniers chiffres le confirment: le taux de chômage de l’Allemagne ne cesse de baisser. Il a même atteint son niveau le plus bas depuis la réunification. La presse l’interprète en effet comme étant révélateur d’une « sortie de crise », comme le titre das Bild : « Ursula (von der Leyen, actuelle ministre du travail au sein du gouvernement chrétien-démocrate) annonce un miracle de l’embauche ». En effet, selon les chiffres de l’Agence fédérale pour le Travail, la décrue du nombre de chômeurs se poursuit, puisque le nombre était déjà passé sous le seuil symbolique des 3 millions en mars, contre 2,89 millions fin juin 2011. Avec 6,9% de la population active au chômage le mois dernier - contre 7% en mai - l’Allemagne compte 8000 personnes actives occupées de plus que le mois précédent, et 255.000 de plus qu’il y a un an ! Le marché du travail est donc en amélioration constante. Du côté des voisins français, le nombre de chômeurs - après une certaine embellie concernant les mois de janvier à avril 2011- a augmenté de 1% au mois de mai 2011, soit 39 400 actifs à la recherche d’un emploi de plus. La Belgique quant à elle, affichait un taux à 7,6% en février 2011. L’Allemagne semble donc devancer/avoir une longueur d’avance sur ses voisins européens, puisque l’Union Européenne/UE affichait en moyenne un taux de chômage de 9,5% en février dernier, avec 9,2% pour la France.

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 La chancelière chrétienne-démocrate Angela Merkel a de quoi être satisfaite des chiffres du chômage
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L’aigle allemand se remplume...
« Le plus important, c’est que nous soyons sortis du gouffre de la crise économique et que plus de personnes soient au travail qu’avant la crise », déclare Angela Merkel interrogée par SuperIllu à l’occasion du bilan de milieu d’année. Le gouvernement fédéral semble donc « se frotter les mains » des bons résultats du taux de chômage et de la croissance économique. Pour l’exécutif, cela ne fait pas le doute, l’action fédérale serait à l’origine de la reprise économique : la série de réforme entamée en accord avec les dirigeants de banque et les syndicats, expliquerait tout. Des mesures concernant le marché du travail, la sécurité sociale ou encore la fiscalité ont été prises : mesures d’accompagnement du chômage partiel, déchargement fiscal des citoyens (baisse du taux d’imposition en 2009), ou encore prise en charge des cotisations de sécurité sociale des employeurs. Le gouvernement prévoit entre autres pour les années à venir le remaniement de l’allocation chômage Hartz IV. Cette coopération aurait donc permis une meilleure flexibilité du travail. Les entreprises, surtout les petites et moyennes, « le fameux Mittelstand », ont réussi à baisser les coûts de production et augmenter la productivité. Ces mesures, -souvent critiquées auparavant- semblent porter leurs fruits aujourd’hui et permettent à l’Allemagne d’assurer sa position de leader au sein de l’économie européenne et mondiale. Elle est en effet le 2ème exportateur au monde après la Chine et demeure le premier en Europe. Mais être un champion en exportation ne suffit pas pour faire revenir le miracle économique. La vigueur de la demande intérieure semble aussi tirer l’économie vers le haut, et semble compenser le tassement de la demande extérieure. Selon les pronostics des 3 principaux instituts d’études économiques d’Allemagne*, le taux de croissance s’élèverait en 2011 à 3,6%. Le retour du miracle économique semble bel et bien annoncé.

… pendant que l’ours berlinois reprend du poil de la bête
L’Allemagne, qui serait entrée en récession depuis 2009, semble donc avoir renoué avec la croissance économique. Mais désormais, le changement structurel qui s’opère entre les différentes branches d’activité semble peser plus lourd dans la balance : c’est le secteur tertiaire qui semble redynamiser le marché de l’emploi. Le secteur des services, traditionnellement négligé par rapport à un secteur secondaire vivace, semble tirer la production vers le haut. En effet, l’industrie contribue à hauteur de 29% du PIB aujourd’hui contre 36,5% en 1970, alors que le tertiaire contribue aujourd’hui environ à 70% du PIB contre 48,3% en 1970. Un exemple parmi d’autres est l’installation à Berlin d’un centre d’appel du groupe Amazon qui ouvrira ses portes cet été. Le choix de Berlin sur Edinburgh, en Ecosse, a été sans appel : la situation géographique de la capitale, et de l’entreprise au sein même du centre ville (Berlin Mitte) ou encore l’accessibilité facilitée par les transports en commun en sont les atouts majeurs. Mais surtout, ce qui a décidé les entrepreneurs est le niveau de compétence des employés : ils seraient bien qualifiés particulièrement en informatique, management et en finances, ainsi qu’en langues étrangères. L’entreprise compte créer 400 postes fixes* et 400 autres postes en saison pleine. La décision d’Amazon de s’installer à Berlin a été très encouragée par le maire, Klaus Wowereit, mais aussi par le sénateur pour l’économie, qui défendent de pied ferme l’attractivité de la ville. « Nous nous réjouissons de chaque emploi qui s’établie ici dans les domaines les plus variés » déclare le maire de Berlin lors de la conférence de presse tenue le 28 juin. «Amazon est une entreprise remarquable et son installation à Berlin est un signe de l’attraction mondiale de notre ville », selon lui. Il se pourrait donc que Berlin ait à changer son slogan « pauvre mais sexy » (« Arm und Sexy »).
Julia Leick
Charlotte Martinez
14/07/2011
* 1) RWI (Rheinisch-Westphälisches Institut für Wirtschaftsforschung)
basé à Essen
2) HWWI (Hamburgisches Weltwirtschaftsinstitut) basé à Hambourg
3) IfW (Institut für Weltwirtschaft) basé à Kiel
* Il est possible de postuler actuellement chez Amazon Berlin :
- sur Internet : www.amazon.de/Search-Jobs/b/ref=amb_link_33824765_4
- ou directement au centre Amazon du 4 au 27 juillet, de 9h à 17h : Domaquaree, Karl-Liebknecht-Straße 5 (entre Berliner Dom et Rathaus)
