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 Paris, mi août. Montmartre étouffant sous la pollution
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Du fait de la croissance fulgurante du secteur, le trafic aérien devrait passer d'ici à 2020, du simple au double, selon une étude du Parlement européen. Or un avion produit une quantité de gaz carbonique cinq fois plus élevée qu’un train. Résultat des courses : d’ici 2050, le taux d’émission de CO2 dû au transport aérien pourrait passer de 3 à 5 %. Une catastrophe à long terme. D'autant que le secteur aérien est exclu du Protocole de Kyoto, qui, ratifié en 1999 par 156 pays, vise à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Les transporteurs du ciel bénéficient d'avantages fiscaux qu'aucun autre secteur d'activité ne connaît : depuis 1994, les compagnies aériennes ne sont soumises à aucune taxe sur le kérosène.
Pour renverser la vapeur, les parlementaires européens ont proposé, le 4 juillet, la taxation du carburant et l'introduction du secteur aérien dans le système des droits à polluer. La taxation du kérosène devrait permettre de rétablir une concurrence plus loyale entre l’avion et les autres moyens de transport. Le directeur général d´Easyjet, Andy Harrison, s´insurge contre ces mesures fiscales qu´il juge «punitives pour l’un des secteurs européens les plus fructueux».
Le système des "droit à polluer" est utilisé depuis 2005 par d’autres industries (électricité, gaz, ciment…). Chaque branche industrielle n'est autorisée à dégager qu'une certaine quantité de gaz carbonique. Pour tout dépassement, il faut s'acheter des droits, cela permet de plafonner les émissions de gaz et implique une prise en compte des dommages environnementaux dans les coûts. Les tarifs proposés : moins de dix euros par tonne émise de CO2. Si la proposition de loi est acceptée fin 2006, les compagnies pourront bientôt faire leurs emplettes sur le marché des «droits à polluer». Et le secteur de l´aviation sera lentement amené (d´ici 2012) à suivre les directives du protocole, comme tout le monde ! Car les Etats-Unis, responsables de n’ont toujours par ratifié le Protocole de Kyoto.
Jennifer Semet
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