
Depuis le début de l´année, des actes de violence dans des écoles comptant une majorité d´élèves d´origine étrangère - comme l'école Rütli à Neukölln (Berlin) - et le procès très médiatisé d’un « crime d'honneur » perpétré par un jeune turc contre sa sœur, ont relancé le débat sur l´intégration en Allemagne.
Le Parti social-démocrate (SPD) a accusé les conservateurs d´avoir « trop longtemps nié » le fait que l´Allemagne était un pays dans lequel les immigrés s´installaient durablement, un « Einwanderungsland ». Le concept de « Gastarbeiter » (« travailleurs invités »), utilisé depuis les années cinquante pour désigner les immigrés amenés à repartir, a perdu sa pertinence. Aujourd´hui, le pays compte 15 millions de personnes d´origine étrangère.
Premier du genre en Allemagne, le sommet sur l´intégration qui a eu lieu le 14 juillet, a été qualifié d´ « événement quasi historique » par Angela Merkel. Il a ouvert un dialogue qui devrait déboucher en 2007 sur un « plan d´intégration national ». Représentants d´immigrés, de communautés religieuses et membres de la société civile étaient invités à prendre part au débat.
Toutefois, des associations musulmanes et turques ont regretté la trop faible représentation de leurs communautés. Le président du Conseil des musulmans en Allemagne, Ayyub Axel Köhler a qualifié le sommet de « farce », dans le quotidien Die Welt. Il a trouvé un écho dans l’opposition, qui n´y a vu qu´un « show ». Des critiques auxquelles a tenté de faire face l’organisatrice, la ministre chargée de l´intégration Maria Böhmer (CDU), arguant du fait qu´en automne se tiendra la conférence sur l´Islam, l´occasion de réunir tous ses représentants.
Dans l´immédiat, il s´agit de réfléchir aux aspects incontournables de l´intégration : respect de l´égalité homme-femme, réduction des risques de chômage pour les immigrés, amélioration de la formation et de l´apprentissage de l´allemand.
Cécile de Corbière